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Septembre

du « champion d'un parti » que du père des Rougon- Macquart. Plus d'un s'avouait tout bas, dans les compartiments obscurcis par le souffle des pipes, que le romancier disparut à temps, et que si les Trois Villes leur étaient connues, ils dédaignaient les Trois Evangiles. Bientôt la curiosité animait seule ces hommes et ces femmes, et lorsqu'on annonça l'arrivée, la descente se fit rapide, une hâte s'empara de la masse hétéroclite des penseurs qui s'engagea dans les rues de Villennes, silencieuse et pressée.

Médan parut, et la villa célèbre surgit parmi les

Tondaisons serrées, avec ses briques opulentes,

'■es charmilles, son chemin bordé d'arbres taillés,

es pelouses, ses allées fuyantes, ses massifs et ses

.eurs. Une propriété de millionnaire sentimental.

Devant le perron, sous la cloche dont le bruit

tmilier évoquera désormais pour les survivants tant

e douloureux souvenirs, Mme Zola, le fils et la fille

3 l'écrivain, quelques intimes assis en demi-cercle,

mtemplent l'envahissement du jardin. Des appa-

ils photographiques s'installent, braqués sur le

oupe auquel, sans une parole, font face les visi-

urs.

A droite, encadré de feuillages, entouré de couronnes, domine un bronze reluisant, le buste d'Emile Zola. Il y a dans l'assistance Mme Séverine, MM. Gustave Charpentier, Pierre Quillard, Armand Charpentier, Alexandre Charpentier, Fasquelle, René Jean, Xavier de Carvalho, Frantz Jourdain, Francis Jourdain, W. Bienstock, Stuart Merril, Paul Fort, E. Despax, Pissaro, Diriks, Marcel Batilliat, le capitaine Alfred Dreyfus, le colonel Picquart, d'autres encore, et enfin, près de l'hôtesse en deuil, se tiennent MM. Saint-Georges de Bouhélier, Maurice Le Blond et Paul Brulat, qui prirent l'initiative de cette cérémonie. M. Maurice Le Blond lit, d'une voix émue et chantante, les excuses des invités empêchés, parmi lesquels MM. Havet, Fernand Labori, Octave Mirbeau et Mme Jean Psichari, la fille de Renan. Mme Jean Psichari déclare qu'elle fut heureuse d'entendre autour de la statue de son père, s'élever les cris de t Vive Zola!» qui rapprochaient deux cerveaux comparables. Cependant quels esprits opposés furent l'auteur de la Vie de Jésus et celui de Germinal !

M. Alfred Bruneau lut ensuite un long discours au milieu d'une attention méritée. Lui seul restait en effet, des anciens habitués du logis. Les autres

morts ou séparés du romancier par des discordes littéraires et politiques, ne laissaient ici que le souvenir d'ingratitudes. J'excepte Paul Alexis, inimitable et touchant exemple de l'amitié !... Guy de Maupassant nous le montre suivant son idole comme un chien fidèle. Il défendit avec une pareille sincérité le naturalisme et son chef. Lors de l'enquête de Jules Huret, il télégraphia au journaliste: « Naturalisme pas mort. Lettre suit. » Et quel enthousiasme, dans cette lettre qui « suivait », pour glorifier l'œuvre de Zola et Zola lui-même. Il fut son reflet moral comme M. Alfred Bruneau est son reflet physique, et ce ne sera pas une preuve négligeable de l'influence du grand écrivain que la vie de ces deux hommes attachés à sa gloire, l'un démarquant ingénument les Rougon-Macquart pour en faire avec fierté des livres ordinaires, l'autre s'identifiant à lui de telle sorte qu'on eût pu les confondre, et employant un admirable talent de compositeur à orner les poèmes de son maître.

Déjà dans les derniers jours, Zola vivait un peu isolé. Tout ce monde ardent et passionné, que le Termite des Rosny nous dévoila sans fard et sans éloges, était évanoui ou dispersé. Avec les Goncourt

disparaissait le fameux salon littéraire, l'illustre « grenier » où les deux frères qui régnaient alors sur les gens de lettres récoltaient les phrases lapidaires de leur Journal. Alphonse Daudet était mort, et tout le regret, toute la tristesse de Zola s'exhalèrent près de sa tombe, lorsqu'il adressa à son ami défunt un adieu ému et fraternel. Il évoquait Flaubert, les Goncourt et le maladif Daudet, ses amis véritables : « C'étaient des géants... je reste seul... » et il se redressait avec des larmes dans les yeux, et il sentait bien que, pour toujours, la vie lui serait moins hospitalière. Hélas ! il avait été déjà cruellement désabusé. Ne se voyait-il pas critiqué dans le Journal de ces Goncourt qu'il avait chéris? N'est-ce pas à eux, pourtant, qu'il eût pu appliquer cette phrase : « Il est des écrivains qu'on ne lit pas et qui demeurent de hautes et belles figures. Ils ont marqué en leur temps, ils ont creusé un profond sillon dont la trace reste ineffaçable dans le champ d'une nation. Plus tard, comme ils n'ont pas travaillé pour la vie, la vie les dédaigne.1» Zola enfin perdit son fidèle Alexis : Paul Alexis achevait Vallobra, sur lequel il fondait tant d'espérances, il prononçait encore, au

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