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La genèse du Docteur Pascal

Quelques mois après sa mort, à Finstant où paraislait en son honneur une plaquette étincelante de yrisme, signée Maurice Le Blond ', M. Emile Faguet entait de modérer l'admiration suscitée par son euvre*. Seul, peut-être, Hugues Rebell l'analysa ce aur même, sans passion. Car c'est un fait qui se enouvelle pour chaque homme de génie, que toutes 3S critiques qu'il inspire soient ou trop élogieuses ou ,rop cassantes. Paul Adam manifesta, à son égard, uelque dédain3, et Binet-Valmer ne déguisa pas i mésestime toute littéraire où il tenait le plus cond des romanciers. Certains socialistes reproîent à Zola de ne pas les avoir compris. On s'exame que ce fut uniquement un sculpteur de fresles trop grandes, dont les lignes exagérées sortaient ,i cadre de la vie. On lui oppose « les seuls romands sociologues » — selon la juste expression de

.. Emile Zola, son évolution, son influence. Ed. du Mouvent Socialiste, 1903.

. Emile Zola. Ed. Soc. d'Impressions, 1903. j. Se reporter à sa lettre publiée dans l'appendice de YEnï'te sur l'Evolution littéraire, (op. cit.) et qui est d'une

< raordinaire violence. M. Paul Adam a eu, depuis, mille

< asions de désavouer cette lettre dont le ton s'explique par la f excitation que provoqua l'« enquête » dans les milieux littér es, et aussi par une extrême jeunesse. M. Paul Adam a Durd'hui admire Zola.

M. Camille Mauclair, — les Rosny, qui descendirent au plus intime du peuple dans l'Impérieuse Bonté et le Bilatéral1. Le recul se produira et les fresques éloignées s'harmoniseront. On comprendra l'humanité des « figures » et la beauté impérissable des décors. Le mauvais goût tant reproché à Zola nous choque-t-il dans Shakespeare, s'il nous étonne encore dans Hugo, trop près de nous?... Ne faut-il pas admettre que le mauvais goût est la tare inévitable de tous les hommes de génie ? Et comment pourraiton être surpris qu'il ait dirigé l'installation de Médan, où des toiles médiocres ornent les pièces tandis que les splendides ébauches de Cézanne son dissimulées, où des vitraux luxueux éclairent de; portes banales, où des cheminées gigantesques au: briques nues envahissent les pièces, et où, enfin, 1 bureau, avec son inscription latine peinte en ori flamme, surplombe la campagne de ses croisée géantes. Zola écrivit ici ses cinq pages coutumières devant la vallée sans fin, et l'atmosphère de ses 1 vres se ressent du ciel large et de l'horizon infini.

1. Ces pages furent écrites avant la publication de Sous Fardeau et de la Vague Rouge, les plus parfaits romans sociai signés J.-H. Rosny aîné.

Sur la route, maintenant, les pèlerins reviennent, un peu railleurs pour avoir été émus. La route de Villennes est noire de leurs silhouettes pressées. Un défilé bizarre les force à se ranger comme un troupeau discipliné. Puis, le train n'étant pas en gare, les cafés s'emplissent. La gaîté est revenue. Des indifférents battent des cartes dans un cabaret au bord de l'eau, d'autres s'installent à l'« Hôtel du Sophora », sous un arbre extraordinaire dont les palmes cou- : vriraient un village.

Le train paraît. Chacun se précipite. La machine s'ébranle et Médan décroît. Alors, le « sophora » semble grandir, envahir toute la vallée, ses rameaux hallucinants s'étendent, et je ne sais quel vague rapprochement se fait dans mon esprit entre l'œuvre de Zola et cet arbre, immense, compact, anormal, presque inquiétant, qui étouffe de ses branches un petit paysage candide et simple.

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