ÉGLOGUE
DANS la glaise du champ, au sable du verger, Tes pieds nus ont laissé leur empreinte facile, Vierge qu'eût adorée autrefois la Sicile, Toi dont la grâce est souple et le charme léger.
Tes yeux gardent l'azur du rivage étranger Où les flots ont bercé quelque tiède et douce île. Le cœur le plus barbare à ton joug est docile; Vers toi le plus farouche essaim vient voltiger.
Heureux qui, dévoilant ta candeur nuptiale.
Fier, entrelacera la double initiale
Au tronc du hêtre lisse ou du grêle bouleau;
Car, lorsque tu reviens, lente, de la fontaine. D'amour et de pitié longtemps frissonne l'eau. Pour avoir réfléchi ton image lointaine.
HoiTiJMOCHJEUSE TITIÉ
VOICI le jour timide aux caressants reflets. De quelques toits déjà, dans la gloire aurorale, S'allonge la fumée en bleuâtre spirale.
Descends jusqu'au vallon herbeux où tu te plais.
Les troupeaux plus hâtifs t'y guideront : suis-les; Et, si plaindre et charmer sont ta douce morale. Laisse, ami, soupirer la flûte pastorale Pour les souples chevreaux et les blancs agnelets.
Les taureaux sont courbés sous le joug; la charrue Sillonne l'âpre glèbe en tous sens parcourue; Pour eux exhale aussi tes chants mélodieux.
Et, dans les gammes d'or sur tes lèvres écloses. Célébrant les labeurs héroïques des Dieux, Mêle ton âme à l'âme éternelle des choses.
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UNE angoisse est au fond de l'être quand il crée. Le chêne tressaillant d'une fièvre sacrée, Et qui, lorsque le vent gronde, se fait d'airain. Ne jette pas ses glands au ferment souterrain Sans entrevoir la mort pour sa race éprouvée. Le frêle oiseau s'accouple et craint pour sa couvée, Auquel déjà la griffe ou la serre apparut. Et les fauves domptés par l'implacable rut. Pressentent, anxieux des batailles futures, Que de leurs voluptés sortiront des tortures; Et l'arbre convulsé, comme le loup hurleur. En engendrant la vie infligent la douleur. Car tout, animant l'ombre éperdue et mouvante. Germe dans du mystère et dans de l'épouvante!...
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VERS LA PITIÉ 22 f