ACTE TROISIEME
mère. — Elle fait peut-être sa prière du soir en ce moment... Mais dis-moi, Yniold, elle est souvent avec ton oncle Pelléas, n'est-ce pas ?
YNIOLD.
Oui, oui; toujours, petit-père ; quand vous n'êtes pas là.
GOLAUD
Ah! Tiens, quelqu'un passe avec une lanterne dans le jardin. — Mais on m'a dit qu'ils ne s'aimaient pas... Il paraît qu'ils se querellent souvent... non ? Est-ce vrai ?
YNIOLD.
Oui, c'est vrai.
GOLAUD
Oui ? — Ah ! ah ! — Mais à propos de quoi se querellent-ils ?
YNIOLD.
A propos de la porte.
GOLAUD
Comment? à propos de la porte? — Qu'est-ce que tu racontes là ? — Mais voyons, explique-toi; pourquoi se querellent-ils à propos de la porte ?
YNIOLD.
Parce qu'elle ne peut pas être ouverte.
GOLAUD
Qui ne veut pas qu'elle soit ouverte ? — Voyons, pourquoi se querellent-ils?
YNIOLD.
Je ne sais pas, petit-père, à propos de la lumière.
Je ne te parle pas de la lumière : je te parle de la porte... Ne mets pas ainsi la main dans la bouche... voyons...
YNIOLD.
Petit-père! petit-père!... Je ne le ferai plus...
Il pleure,
GOLAUD
Voyons ; pourquoi pleures-tu? Qu'est-il arrivé?
YNIOLD.
Oh ! oh! petit-père, vous m'avez fait mal...
GOLAUD
Je t'ai fait mal? — Où t'ai-je fait mal! C'est sans le vouloir...
YNIOLD.
Ici, à mon petit bras...
GOLAUD
C'est sans le vouloir ; voyons, ne pleure plus, je te donnerai quelque chose demain...