‹ Pelléas et MélisandeChapitre 26 sur 49 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

YNIOLD.

Quoi, petit-père?

Un carquois et des flèches ; mais dis-moi ce que tu sais de la porte.

YNIOLD.

De grandes flèches ?

GOLAUD

Oui, de très grandes flèches. — Mais pourquoi ne veulent-ils pas que la porte soit ouverte ? — Voyons, réponds-moi à la fin ! — non, non ; n'ouvre pas la bouche pour pleurer. Je ne suis pas fâché. De quoi parlent- ils quand ils sont ensemble?

YNIOLD.

Pelléas et petite-mère ?

GOLAUD

Oui ; de quoi parlent-ils ?

YNIOLD.

De moi ; toujours de moi.

GOLAUD

Et que disent-ils de toi ?

YNIOLD.

Ils disent que je serai très grand.

GOLAUD

Ah! misère de ma vie !... je suis ici comme un aveugle qui cherche son trésor au fond de l'océan !... Je suis ici comme un nouveau-né perdu dans la forêt et vous... Mais voyons, Yniold, j'étais distrait ; nous allons causer sérieusement. Pelléas et petite-mère ne parlent-ils jamais de moi quand je ne suis pas là ?

YNIOLD.

Si, si, petit-père.

GOLAUD

Ah!... Et que disent-ils de moi ?

YNIOLD.

Ils disent que je deviendrai aussi grand que vous.

GOLAUD

Tu es toujours près d'eux?

YNIOLD.

Oui, oui ; toujours, petit-père.

GOLAUD

Ils ne te disent jamais d'aller jouer ailleurs ?

YNIOLD.

Non, petit-père; ils ont peur quand je ne suis pas là.

Page 1