‹ Pelléas et MélisandeChapitre 37 sur 49 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

MELISANDE.

Pelléas ?

PELLÉAS

Mélisande ! — Est-ce toi, Mélisande ?

MELISANDE.

Oui.

PELLÉAS

Viens ici: ne reste pas au bord du clair de lune. — Viens ici. Nous avons tant de choses à nous dire... Viens ici dans l'ombre du tilleul.

Laissez-moi dans la clarté...

PELLÉAS

On pourrait nous voir des fenêtres de la tour. Viens ici ; ici, nous n'avons rien à craindre. — Prends garde ; on pourrait nous voir...

Je veux qu'on me voie...

PELLÉAS

Qu'as-tu donc ? — Tu as pu sortir sans qu'on s'en soit aperçu ?

Oui; votre frère dormait...

PELLÉAS

Il est tard. — Dans une heure on fermera les portes. Il faut prendre garde. Pourquoi es-tu venue si tard ?

Votre frère avait un mauvais rêve. Et puis ma robe s'est accrochée aux clous de la porte. Voyez, elle est déchirée. J'ai oerdu tout ce temps et j'ai couru...

PELLÉAS

Ma pauvre Mélisande !... J'aurais presque peur de te toucher... Tu es encore hors d'haleine comme un oiseau pourchassé... C'est pour moi, pour moi que tu fais tout cela?... J'entends battre ton cœur comme si c'était le mien... Viens ici... plus près, plus près de moi.

Pourquoi riez-vous?

PELLÉAS

Je ne ris pas; — ou bien je ris de joie, sans le savoir... Il y aurait plutôt de quoi pleurer...

Nous sommes venus ici il y a bien longtemps... Je me rappelle.

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