ACTE CINQUIEME
MELISANDE.
Est-il vrai que l'hiver commence ?
AKKEL.
Pourquoi de mandes- tu cela ?
Parce qu'il fait froid et qu'il n'y a plus de feuilles...
ARKEL.
Tu as froid? — Veux-tu qu'on ferme les fenêtres ?
Non, non... jusqu'à ce que le soleil soit au fond de la mer. — Il descend lentement, alors c'est l'hiver qui commence ?
APKEL.
Oui. — Tu n'aimes pas l'hiver ?
Oh! non. J'ai peur du froid. — Ah! J'ai peur des grands froids...
ARKEL.
Te sens-tu mieux ?
Oui, oui; je n'ai plus toutes ces inquiétudes...
ARKEL.
Veux- tu voir ton enfant ?
Quel enfant ?
ARKEL.
Ton enfant, ta petite fille...
Où est-elle?
ARKEL.
MÉLISAxNDE.
C'est étrange... je ne puis pas lever les bras pour la prendre...'
ARKEL.
C'est que tu es encore très faible... Je la tiendrai moi-même; regarde...
Elle ne rit pas... Elle est petite... Elle va pleurer aussi... J'ai pitié d'elle...
La chambre est envahie, peu à peu, par les servantes du château, qui se rangent en silence le long des murs et attendent.
Golaud, se levant brusquement.
Qu'y a-t-il ? — Qu'est-ce que toutes ces femmes viennent faire ici ?