‹ Pelléas et MélisandeChapitre 47 sur 49 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

LE MÉDECIN

Ce sont les servantes...

ARKEL.

Qui est-ce qui les a appelées ?

LE MÉDECIN

Ce n'est pas moi...

GOLAUD

Pourquoi venez-vous ici? — Personne ne vous a demandées... Que venez-vous faire ici? — mais qu'est-ce que donc ! Répondez !...

Les servantes ne répondent pas.

ARKEL.

Ne parlez pas trop fort... Elle va dormir ; elle a fermé les yeux...

GOLAUD

Ce n'est pas?...

LE MÉDECIN

Non, non ; voyez, elle respire...

ARKEL.

Ses yeux sont pleins de larmes. — Maintenant c'est son âme qui pleure... Pourquoi étend-elle ainsi les bras? Que veut-elle ?

LE MÉDECIN

C'est vers l'enfant sans doute. C'est la lutte de la mère contre la mort...

PifiLLEÂS Et' MELISANDE

GOLAUI).

En ce moment ? — En ce moment ? — Il faut le dire, dites! dites!

LE MÉDECIN

Peut-être...

GOLAUD

Tout de suite?... Oh! Oh! Il faut que je lui dise... — Mélisande ! Mélisande!... Laissez-moi seul! laissez-moi seul avec elle!...

ARKEL.

Non, non; n'approchez pas... Ne la troublez pas... Ne lui parlez plus... Vous ne savez pas ce que c'est que rame...

GOLAUI).

Ce n'est pas ma faute, ce n'est pas ma faute!

ARKKL.

Attention... Attention... Il faut parler à voix basse. — Il ne faut plus l'inquiéter... L'àme humaine est très silencieuse... L'àme humaine aime à s'en aller seule... Elle souffre si timidement... Mais la tristesse, Golaud... mais la tristesse de tout ce que l'on voit !... Oh! oh! oh!...

En ce moment, tontes les servantes tombent subitement à genoux an fond de la chambre,

arkel, se tournant.

Qu'y a-t-il ?

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