‹ Pendant l'invasionChapitre 5 sur 10 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

PUFSTER, LOUISE

PÜFSTER

Maintenant, s’il vous plaît, chère belle, à, nous deux !

Je vous embrasserai.

LOUISE

Je ne suis qu’une femme ,

Et je suis seule ici ! mais je vous trouve infâme ,,

Et je vous le dis !

PUFSTER

J’ai , servant sous les drapeaux , L’oreille accoutumée à de pareils propos.

Les femmes sont toujours , même avant qu’on les touche , — En pays ennemi — d’une humeur très farouche.

Je sais cela fort bien , et n’en suis point surpris.

LOUISE

Si vous saviez aussi jusqu’où va mon mépris ,

Vous n’ajouteriez pas à vos lâchetés viles Une honte de plus !

PUFSTER

Vos façons inciviles,

Prenez garde ! pourraient finir par m'irriter.

Vous êtes dans mes mains , à quoi bon résister i Et vous succomberiez sûrement dans la lutte ,

Un soldat ! songez donc !•

LOUISE

Vous , un soldat ! la brute ,

Au fond des bois , n’a pas un plus féroce instinct Du moins , tout sentiment n’est pas en elle éteint.

Avoir osé porter la main sur mon vieux père !

Vous n’êtes qu’un bandit ! — je suis franche, j’espère ! — Oui i qu’un bandit f

PtFSTER

Tenez î vraiment vous avez tort De rrie parler ainsi , car je suis le plus fort Et vous regretterez , madame , je vous jure,

Ces hautaines façons et ces mots pleins d’injure î

LOUISE

Croyez-vous que la peur ait chez moi quelque accès t Parce que j’étais éalme et que je me taisais Tout-à- l’heure , sentant les yeux , pleins de prièfe , i)e mon père sur moi , — car il tremblait mon père ,

Pour sa fille ! — avez-vous osé croire un instant Que vous obtiendriez de moi ce qu’en attend Votre orgueil , — mon honneur de femme et de Française t Il faut que vous soyez téméraire !

PUFSTER

A votre aise !

Mais j’ai pourtant assez écouté vos leçons ,

Et trouve qu’il est temps de finir. . . finissons I

Ah î vous parliez de brute 1 — Eh bien ! la bête fauve ,

Elle est là qui vous tient ! — Que Dieu, s’il peut, vous sauve î

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