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Pendant l'orage. Préf. de Jean de Gourmont

Ce sont ici les dernières pag-es de Remy de Gourmont, écrites « pendant l'Orag-e », peut-être le plus terrible orag-e qui ait secoué 'l'humanité. Réfugié dans sa bibliothèque comme en un bois sacré, il a, de son observatoire, écouté g-ronder l'orage et contemplé la rafale; il a vécu la bataille, en a ressenti tous les coups, tous les deuils. Il a écrit lui-même l'état d'anéantissement où l'avait mis cette catastrophe et la mort de ses jeunes compagnons tombés au coml)at : «. Je les ai vus, je les vois, et de les avoir vus m'a

si complètement détaché de la vie que j'aurais honte maintenant d'y prendre un intérêt excessif. Quel hasard que la durée et quel néant ! Et pourtant quel don que celui dont nous gratifie l'ironie des conting'ences, en nous faisant persister, alors que tant d'autres s'effacent I » Les douleurs, les deuils, les misères de cette g-uerre, Remy de Gourmont les a vécus, avec toute la lucidité de son intelligence, et peut-être que nul n'aura senti plus réellement que lui l'angoisse de ces jours : il était comme la conscience de ces jeunes écrivains emportés par la vague de terreur et d'héroïsme, aveuglés par leur propre sang.

Depuis qu'il était rentré à Paris, en octobre 1914» il y a^ uû P^^ P^^s d'un an, Remy de Gourmont notait chaque matin,

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