LE ROI DES BULGARES
20 novembre igi4-
Lepersonnag-e que Voltaire appelle ainsi dans Candide n'est autre que Frédéric IL Les Bulgares n'existant pas comme nation à cette époque, il n'y eut aucune méprise et chacun reconnut le roi de Prusse. Voltaire le connaissait bien, ainsi que les mœurs de son armée, et voici ce qu'il en dit, au chapitre III de l'inimitable roman. Candide, ayant assisté à une terrible bataille entre les armées du roi des Bulg-ares et celles du roi des Abares, bataille où « les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons formaient une harmonie telle qu'il
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n'y en eut jamais en enfer », sort de la cachette croù il surveillait philosophiquement « cette boucherie héroïque » et se dirige vers la frontière hollandaise : « Il passa par-dessus des tas de morts et de mourants, et gagna d'abord un villag-e abare que les Bulg^ares avaient brûlé selon les lois du droit public. Ici, des vieillards criblés de coups reg-ardaient mourir leurs femmes ég-org-ées, qui tenaient leurs enfants à leurs mamelles sang-lantes ; là, des filles é ventrées, après avoir assouvi les besoins naturels de quelques héros, rendaient les derniers soupirs ; d'autres, à demi-brûlées, criaient qu'on achevât de leur donner la mort. Des cervelles étaient répandues sur la terre, à côté de bras et de jambes coupés. » Ne dirait-on pas Taspect d'un village belg'e, après que les Allemands y eurent passé ? Voltaire a bien vu que ces actes barbares étaient considérés par les Prussiens d'alors