L'IRRÉDENTISME
10 janvier ifjio.
MPrezzolini écrit dans La Voce :
^ « Il ne faut pas que l'Italie fasse la çuerre pour T. T. (Trieste et Trente). Tout le monde me croit irrédentiste. Je ne le suis pas et le moment est venu de le dire, je suis si peu irrédentiste que si, demain, l'Autriche nous offrait Trente, Trieste, l'Istrie et la Dalmalie, à condition de ne pas déclarer la g-uerre aux deux Empires, je serais d'avis de refuser. Si nous obtenions Trente, Trieste, l'Istrie, la Dalraatie et Valona par-dessus le marché, mais si, en même temps, l'Allemag^ne, g-râce à cela,
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parvenait à écraser la France et à abattre l'Angleterre et à jueruler la Russie, nous nous serions mis dans une situation pire que la situation actuelle, où nous n'avons pas T. T. et le reste, mais où nous avons notre liberté. La question de la guerre n'est pas la question de l'irrédentisme ; c'est la question de la liberté italienne. La question de la guerre n'est pas une question d'irrédentisme, c'est une question d'italianité. Elle ne peut ni se discuter ni se résoudre sur la base du sort de T. et de T., mais sur la base du sort de l'Italie. Nous ne nous battrons pas pour 700.000 Italiens, mais nous nous battrons pour 4o-ooo.ooo d'Italiens. L'irrédentisme est provincial. Il va trop de gens qui voient aujourd'hui l'Italie à travers Trieste, bien plus : à travers Pola et peutêtre à travers Lussinpiccolo. Il faut voir Trieste et Lussinpiccolo à travers l'Italie. Est-ce clair? La question n'est pas de planter
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le drapeau italien sur Saint-Just (cathédrale de Trieste). La question est de libérer l'Europe de la domination allemande : ce qui est, on nous l'accordera, quelque chose de plus important. » Je ne puis traduire tout l'article, bien qu'il le mérite. Ceci montre du moins comment un des esprits les plus disting-ués de la jeune Italie comprend aujourd'hui Tirrédentisme.
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