‹ Pendant l'orage. Préf. de Jean de GourmontChapitre 39 sur 73 · LES UNS ET LES AUTRES · texte numérisé non relu

LES UNS ET LES AUTRES

JD janvier igi-) .

Ils tombent à droite, ils tombent à g-auche. Le troisième Bulletin des Ecrivains^ qui nous donne Télog-e de Pierre Gilbert par Charles Maurras, nous annonce la mort de Léon Bonneff. L'un appartenait à la Revue critique des Idées et des Livres, à la littérature nationaliste et néo-classique. L'autre appartenait à l Humanité^ à la littérature socialiste et naturaliste. L'un défendait la tradition, l'autre défendait la révolution, mais tous deux défendaient la France. Je crois bien qu'ils s'içnoraient l'un l'autre. On s'aperçoit maintenant que tous les deux

l40 PENDANT l'orage

servaient la même cause. J'ai réuni ces deux noms, parce qu'ils me sont tombés sous les jeux. J'aurais pu en prendre deux autres. Toutefois, de Bonneff, j'avais lu le dernier livre et j'en avais g'ardé une impression assez forte. C'était beaucoup moins de la littérature que des documents, mais des documents d'une rare intensité de vie et singulièrement poig^nants. Didier^ homme du peuple^ c'est un ecenre que j'aime assez, parce qu'il ne s'appuie pas sur levain talent littéraire, mais sur l'observation des mœurs et des faits sociaux. Bonneff est l'un de ceux qui nous auraient donné sur la guerre le livre documenté qu'il nous faudra et qui nous viendra certainement, mais je ne sais d'où, le livre de faits et non de déclamations, le livre sans anecdotes, sans larmes, sans g-loire, le livre terrible. Méditez sur cette conception du livre de la guerre, jeunes gens qui nous reviendrez, l'œil et l'oreille

Page 1