‹ Pendant l'orage. Préf. de Jean de GourmontChapitre 58 sur 73 · KANT · texte numérisé non relu

KANT

métaphysiques que pose sa « raison pure », sa « raison pratique » les reprend et les arrang-e de façon à en faire un catéchisme protestant tout à fait contraire au g-énie de la race française qui veut évoluer selon un dogmatisme moins étroit. Après avoir posé, par exemple, comme logicien, que l'amour, ou, si l'on veut, la conservation de l'espèce, est une fonction sacrée, il le considère pratiquement comme une « indécence» à laquelle un honnête homme ne peut se livrer qu'avec honte. Je me souviens d'avoir lu à ce sujet dans une revue kantienne une discussion l)ien amusante. D'accord avec ses conclu- >lons ( Kant était un log-icien épouvantable), il s'astreig^nit à une virginité, tempérée par des exercices solitaires, qui le mena froidement au dédain des autres plaisirs terrestres, le vin excepté, pour lequel il avait un certain penchant. Sa philosophie, à laquelle on a voulu donner un caractère d'universalité,

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est, bien au contraire, celle d'un vieux garçon allemand et se présente comme antisociale, sauvag-ement égoïste. Kant est un cénobite barbare et sans rayonnement, sans bonté. Il T avait cependant des fenêtres à son esprit. Il eut de l'enthousiasme pourla Révolution française et la seule fois qu'il sortit de Kœnigsberg-, ce fut pour aller audevant du courrier de France.

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