‹ Pendant l'orage. Préf. de Jean de GourmontChapitre 7 sur 73 · A L'ACADÉMIE · texte numérisé non relu

A L'ACADÉMIE

28 octobre igi^.

On a prêté à rAcadémie le projet d'accueillir par acclamations M. Maeterlinck. Lacclamation est peu académique et on regrettera qu'il ait fallu les trag-iques circonstances actuelles pour que l'Académie reconnaisse qu'un écrivain belge, après tant de beaux livres, soit digne de prendre place à côté de plusieurs écrivains français qui font moins d'honneur à la France que M. Maeterlinck n'en fait à la Belgique. Puis il y a la question de naturalisation . Il est dur, en ce moment-ci, pour un Belge, de cesser d'être Belge, même pour devenir

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Français. Je voudrais autre chose. Je voudrais que M. Maeterlinck posât sa candidature, fît les visites d'usag-e, fût soumis à un scrutin et que personne n'eût l'air de s'apercevoir qu'il y a là je ne sais quelle entorse aux règ-lements. Il deviendrait Français puisqu'il serait membre de l'Académie française et il resterait Belge, car c'est un honneur qu'on ne saurait songer à lui enlever. Et M. Emile Verhaeren entrerait par la même porte à la prochaine vacance. Le regret serait de ne pas pouvoir les faire entrer fraternellement tous les deux le même jour. Dans le milieu littéraire français où ils conquirent d'abord la gloire, avant d'être adoptés par le grand public, on ne met pas en effet l'un d'eux au premier rang. Le grand poète n'y cède pas la place au grand prosateur, essayiste et dramaturge. Tous les deux sont parmi les plus beaux représentants de la littérature française.

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