‹ Pendant l'orage. Préf. de Jean de GourmontChapitre 72 sur 73 · LES PERRUCHES · texte numérisé non relu

LES PERRUCHES

quoique le g-enre perruche la comporte nécessairement. La perruche, presque toujours jolie et souvent très fière et très disting'uée, est particulièrement évaporée, sémillante et bavarde, mais ce n'est pas encore ce qui la caractérise, car la non-perruche peut très bien se parer des mêmes auréables défauts et au fond être une véritable femme, sous ses airs d'oiseau. Ce qui distingue le mieux la femme de la perruche est que l'une est capable de sentiments profonds, même de mouvements intellectuels, et que la seconde, quoiqu'elle se donne parfois le ton de les simuler, n'arrive qu'à une imitation fort imparfaite et qu'elle est incapa})le de manifester plus qu'un instant. La démarcation est d'ailleurs délicate, toute femme avant un petit coin de plumag-e perruche, et toute jolie perruche pouvant, l'espace d'un éclair, donner l'illusion d'une femme, dont elle a d'ailleurs les attributs essentiels. Mais le

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véritable observateur ne s'y trompe pas. Il V a un ramag-e, il y a des airs de tête qui ne donnent jamais le change, et il peut être amusé, il ne peut pas être dupé. Quant à la non-perruche fondamentale, elle abuse quelquefois de son état et alors tombe dans un autre travers, qui est moins plaisant que celui de la perruche franche. Il v a des perruches de lettres, des perruches d'art et même des perruches philosophes qui donnent bien du mal aux descripteurs, mais aussi quelque amusement.

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