Traité de la République, III
d34 PENDANT LA PLUIE
Cicéron. — Lorsque la multitude est ht maîtresse et dispose de tout, lorsque la multitude est souveraine, décide de la vie et de la mort, — prend, détruit, dépouille, gaspille, etc., enfin, la démocratie pure^
Lelius. — fl n'y a pas de gouvernement auquel je refuse avec plus de hâte et de fermeté le nom de république qu'à celui où la multitude est la souveraine maîtresse. — Rien n'est si contraire à la république que le despotisme de la foule. — Comme vous, Gicéron,j'appdle peuple une société dont tous les membres participent à des droits et à des devoirs communs. — On n'est pas moins tyranni^f^ par cent mille tyrans que par un seul *.
Platon. — Lorsque le gosier du peuple est pris d'une soif enragée d'indépendance et que de perfides échansons lui ont versé à pleines coupes, qu'il vide jusqu'à la lie, le vin pur et capiteux d'une licence absolue, ses magistrats et ses chefâ deviennent l'objet de sa haine, de ses accusations, de ses outrages; ceux qui obéissent aux magistrats et à la loi sont haïs, attaqués, poursuivis, maltraités*.
Scipion. — L'excès de liberté a toujours conduit le peuple à la servitude *.
Montesquieu. — Un grand vice dans la plupart des anciennes républiques, c'est que le peuple avait le droit d'y prendre des résolutions actives, chose dont il est entièrement incapable; dans le gouvernement même populaire, le gouvernement ne doit pas tomber mtre les mains du bas peuple '.