Esprit des Lois
DIALOGUE DES XOftTS 335
Jean-Jacques Rousseau. — La société, — quelque borné que soit un État, — est toujours trop nombreuse pour pouvoir être gouvernée par tous ses membres. .
La répuMique est à la veille de sa ruine sitôt que quelqu'un peut penser qu'il est beau de ne pas obéir aux lois.
Le peuple quelquefois, par caprice, fait que les hommes les plus vils sont les plus accrédités, et ce peuple, qui ne voit pas qu'il est lui-même la première cause de ses malheurs, murmure et s'écne en gémissant : Tous mes maux me viennent de ceux que je paye pour m'en garantir*.
Un perruquier, — Les révolutions et le gouvernement populaire ont cependant du bon. — Comment, sans l'un et l'autre, aurais-je pu jamais devenir propriétaire du château de Louvecienne, bâti par Louis XV pour la Dubarry, qui fut guillotinée le 9 décembre 1793, — château où tout ce que les arts et le luxe peuvent inventer avait été accumulé ■ ?
Prud'homme. — Pendant la Convention, les escamoteurs ont tous joué un certain rôle. Indépendamment de leur assiduité dans les sociétés «populaires et dans les sections, l'habitude cpi'ils avaient de parler effrontément sur les places publiques leur donnait un grand avantage pour occuper la tribune '.
Diderot, — En effet, le peuple appelle éloquence la tacîhté que quelques-uns ont de parler seuls et long* temps.
Montaigne. — Tai vu, de mon temps, merveilles en