‹ Pendant la terreurChapitre 13 sur 83 · Voir Bachaumont, 27 octobre el 17 novembre 177S · texte numérisé non relu

Voir Bachaumont, 27 octobre el 17 novembre 177S

2. Depuis, ces deux lacunes furent données par Roucher lui-même dans VAltnanach des Muses de 1792 (p. 37), et dans VAlmanach Httéraire ou Et rennes d'Apollon pour 1701.

LE POÈTE ROUCBER.

Apre- ce ras

.i n'offrirez de vous que de nobles portrait- '.

Venait la tirade suivante :

Ce n'est pas tout eneor : c :>uvrez d'ignominie

L'orateur magistrat qui de la tyrannie.

En des temps orageux, flatta les vil- suppôts,

Et trop tard pour l'honneur déserta leurs drapeaiu

b 'un pareil défen-eur la vérité s'indigne :

Quels que soient ses talents, ce inerte] n'est pas dign

De conduire à vos pieds l'orphelin gémissant.

Ni de vous présenter les pleur* de- linuocent-.

.le lacune se rapportait au refus ,|t> sépulture qui

été fait aux cendre? de Voltaire.

Le nom de Caleha? cachait celui du cardinal de La Koehe-

Avmnn: Séjan et Verre?, c'étaient l'abbé Terray et Cbigny.

Après ce début, tronqué avec une habileté qui déceiail

l'amitié intelligente du censeur :

!•? uiuu >i>ele éternette in.

L'hydre du fanatisme :

Il faut In

A regret endoi i

ud Voltaire D'est plus s éveille et làchemeut A des un monument

Mois. t. IL p.

i ijrimm. t. II, p. 295 édition de LS29 , et dans maints ■•ndroits s'éiève ave." vimeur contre Sé^uier, qni sétait toujours signale [<ar sa haine contre les philosophes. Ces! ce magistrat ani, avait demandé l'interdiction de l'Encyclopédie. Grimm te traité de k canada ■ et de « magistrat sans lumié • Basés

z. Les Mois, t. IL p. 259, Janvier.

I' i:\hANT la TE Rit EU H.

Et qui donc réservai! cet opprobre à Voltaire? Ceux qui déshonoras) lenr pieux minist En pompe hier, peut-être, avaient enseveli

Un Calchas, soixante au? par l'intrigue avili, On Séjan, un Verres qui. dans des jours iniqui Commandaient froidement des rapiues publique-. Leur règne a fait, trente ans, douter s'il est un Dieu El cependant leurs noms, vivant dans le saint lieu, S'élèvent sur le marbre et jusqu'au dernier âge S'en vont faire an ciel même un magnifique outrage : Et lui qui ranima par d'étonnants succès L'honneur déjà vieilli du cothurne français. Lui qui nous retira d'une crédule enfance, Qui des persécutés fit tonner la défense. Le même en qui brillaient plus de talents divers Qu'il n'en faut à cent rois pour régir l'univers, Voltaire n'aurait point de tombe où ses reliqueappelleraient le deuil et les larmes publiques : Et qu'importe après tout à cet homme immortel l.e refus d'un asile à l'ombre d'uu autel? La cendre de Voltaire en tous lieux vénérée Eut fait de tous les lieux une terre sacrée.

Ici. après le passage supprimé et pour le terminer, on

avait conservé ce beau vers :

où repose un grand homme, uq Dieu vient habiter.

Bitaubé, que {toucher affectionnait beaucoup, et qu'il estimait pour sa traduction d'Homère, si supérieure à celle de « la faible et commune madame Dacier ». écrivait à cette époque au poète pour l'entretenir de ce qu'il faisait dans son intérêt :

L'Académie de Berlin, lui dit-il, a souscrit aux Mois. Je l'ai

d'abord écrit à d'Holbach. Je vous en informe maintenant direc-

LE POETE ROUCUER. 53

tement et, cependant, Mars nuit ici à Apollon. Aussi dans les salons, on ne souseril pas an prospectus... Que fait M.Cabanis?... Voltaire a bien peu joui de ces derniers rayons de la gloire. Je le regrette avec tous ceux qui aiment les lettres... Oseraisje nous prier, mousieur, d'assurer de mes devoirs madame Helvétius, MM. d'Holbach, Turgot, Diderot et tous ceux de votre connaissance qui veulent bien se souvenir de moi.

Cette souscription aux Mois est, en effet, à cette époque, la grosse affaire de Moucher. Le Journal de Paris-, dont le poète dispose, annonce à diverses reprises, l'apparition de l'ouvrage. Le prospectus est modeste. Moucher ta, d'instinct, au-devant (}^^ objections qu'on pourra lui faire. 11 sait que son succès dans les lectures privées tient au débit et à l'indulgence dont on paye la complaisance d'un autour. Souvent le public se venge du succès (\v< lectures, parce qu'il n'aime pas qu'on lui fasse violence par des éloges anticipés. L'auteur des Mois qui n'est pas, comme le poète de Zaïre, de ces géants heureux qui arrivent du premier pas à la perfection a eu, du moins, le mérite de remettre tent fois s on ouvrage sur le métier. Il y a dix ans qu'il \ travaille.

Le temps seul peut apprendre aux poètes français à maîtriser une langue dédaigneuse quoique indigente et trop timide pour se prêter sans de longs efforts à la liberté de la liante poésie.

Après bien des retards, l'ouvrage allait enfin paraître.

La liste des souscripteurs débutant par les membres de la famille royale, se continuait par les premiers noms dr l'ancienne France.

Parmi ceux qui ont souscrit en 1780 et que la mort aura épargnés ou que l'émigration n'aura pas pris, combien se

retrouveront* à côté do Roucher, sur les listos du tribunal révolutionnaire!

Mais pourquoi devancer la durée des temps et sonder les épouvantes de l'avenir! Aujourd'hui le poêle est acclamé. Tout semble lui sourire. Il a encore le droit de penser qu'il va entrer, à pleines voiles et sans conteste, dans la renommée et dans la gloire.

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