Numéro du i août
i ÛÈTE ROl'Cl: t)t
les t ntiments du cœur qui s'y trouvent répandus. L'amour lilial. l'amour de la patrie s'y moutront à tous moments. Vos notes sont remplies d'érudition et indiquent des connaissants dans bien des genres; il me semble que, dans le siècle passé, nos poètes n'étaient pas si savants. Vous me rappelez, monsieur, que j'ai eu l'avantage de vous couronner de lauriers sur le théâtre de notre collège dont j'étais alors un des administrateurs. C'est un souvenir que je conserverai précieusement pour l'honneur du collège et de ma patrie. »
Mule] de Boucheville, conseiller à la cour des comptes de Normandie, en demandant les lacunes, payait par avance la laveur qu'il sollicitait :
Sour- le masque du poète, j'ai découvert un vrai philosophe, le confident de la nature, le consolateur de l'humanité, l'ennemi redoutable des préjugés... Vous avez agrandi la sphère de mes
idées.
Et Moucher de lui répondre qu'il ne s'est pas laissé emporter par les jugements des sociétés mondaines et que le dénigrement l'a trouvé tout préparé.
Vous avez vu, monsieur, mon âme et mou cœur. Cette manière de juger me Halle infiniment II vaut mieux être cru bon el honnête qu'homme d'esprit et de talent
Il consent, mats avec bien des réserves, à donner le? lacunes à une dame qui, tout en gardant l'anonyme, s'était recommandée du nom tout-puissant de Jean-Jacques. La publicité qu'elle leur donnerait lui ferait courir un grand danger, car il a tout à craindre de ceux qui ont ordonné ces deux suppressions. Il montre donc une grande confiance.
Je dois mémo ajouter, dit il, que je Tais pour un défenseur de
(>2 im;.\ L>ANT LA TERREUR.
M. Rousseau, ce que je n'ai l'ait pour personne, ni pour .M. Turgol, ni pour H. Dupaly, ni même pour mon père '.
Voici une lettre de Marmontel, scellée d'un grand cachet rouge; un amour se détache dans le fond avec ces mots : Un me suffit. 11 remercie Roucherde l'en\ol de son poème.
Je De vous promets pas, lui dit il, de n'avoir que des éloges ii vous donner; vous méritez qu'on ose être sévère et rigoureusement vélidique avec vous. Mais, en tout cas. ce (|u'on ne pourra vous dénier c'est un grand talent de poésie, quod erai demonsfranduni.
Thomas, précisément parce qu'il estime beaucoup Moucher. se croit obligé, en conscience, de lui signaler quelques défauts qui tiennent surtout au sujet, au genre du poème descriptif, et à l'exubérance de son imagination. Roucher, d'ailleurs, loin de se dérober à la critique, se plaisait à la provoquer. et, dans sa réponse à Marmontel, il demandait à l'académicien d'oublier les sentiments de l'amitié pour n'être plus qu'un sévère Arislarque.
D'Alembert promet une grande sincérité :
Je vous dirai, avec toute la franchise que je dois à votre honnêteté, ma très chétive opinion, bonne ou mauvaise, sur une production à laquelle il me semble «pie tous les gens de lettres honnêtes doivent s'intéresser,
Et dans une autre lettre (17 mars
j'en ai déjà parlé à plusieurs de vos amis et ils pourront Vous assurer (pie je ne suis pas au nombre dv^ ennemis dé
i. Bouclier avait reçu plus de «ont lettres "ù on lui faisait la même demande.