‹ Pendant la terreurChapitre 3 sur 83 · AVANT « LES MOIS · texte numérisé non relu

AVANT « LES MOIS

L'enfance d'un poète. — Sa famille. — Rouoher chez les jésuites. — Le petit collet. — Sermons. — Souvenirs de Montpellier. — Amour précoce de la campagne. — A Paris. — Une amitié littéraire. — Les châtelains d'Anel. — Vie de travail et de plaisirs. — Lettre de Jean-Jacques Rousseau. — La France et l'Autriche au temple de VHymen. — Correspondance avec Imbert. — Retour à Paris. — Mariage avec une descendante de Jeanne Hachette. — Amitié de Turgot. — Roucher nommé à la recette de Montfort-l'Amaury. — Naissance d'Eulalie. — Préparation des Mois. — Cabanis. — François de Neufchàteau. — Thomas. — Ritaubé. — Railly. — Les salons et la cour. — Lectures « prestigieuses ». — Un mot de mademoiselle de Lespinasse. — Scène chez le duc de Rourbon. — Roucher chez Monsieur, frère du roi. — Grimm. — Rachaumont. — Les cercles littéraires. — Le poète acclamé. — Modestie de Roucher. — Jean-Jacques lui rend hommage. — Jugement des Mois, par Rousseau. — Le président Dupaty : amitié à la Montaigne. — A la Falaise, chez le marquis de Tourny. — Les Saisons, de Saint- Lambert, annotées par Roucher. — Indiscrétion du Journal de Paris. — Les rédacteurs de cette feuille. — Triomphe et mort

PENDANT LA TEIIREUR.

de Voltaire. — Loge des .Neuf Sœurs. — Lettre de l'archevêque de Paris au garde des sceaux, à propos des Mois. — La censure. — Passages supprimés. — Les souscripteurs des Mois.

0 murs de Montpellier! 0 mon premier séjour! Le mortel vertueux qui me donna le jour Habite voire enceinte et le sort m'en exile! Quand pourrai-je rentrer dans ce modeste asile Où, sans cesse attentif à mes besoins nouveaux, Il prodiguait pour moi le prix de ses travaux; Où, sa sévérité me cachant sa tendresse, De ma raison trop lente il hâtait la paresse, Me formait aux veitus et portait dins mou cœur La noble soif d'un nom des ténèbres vainqueur.

{Les Mois, Avml.)

C'est dans ce milieu modeste et patriarcal de la petite rue Arc-d'Arène que Jean-Antoine Roucher naquit le 22 février 1745.

L'origine sarrasine de sa famille se retrouve dans le teint bronzé de son visage; de même que certains traits de son caractère, en lui assurant une physionomie toute spéciale, accusent nettement la persistance de l'hérédité étrangère. Enfin, la vivacité et la promptitude brillantes d'impressions qui caractérisent les races du Midi sont plus accentuées encore que d'habitude dans l'àme de Roucher. « Etre de Montpellier, ce n'est pas banal, disait Sainte- Beuve1 ; il est des villes sans caractère; Montpellier en a un très marqué qu'il laisse à tous ses enfants. »

Le père de Roucher était maître tailleur; le fils eut le

1. A son jeune et charmant secrétaire, Jules Troubat, devenu son ami et son exécuteur testamentaire.

tût de ne jamais en rougir, mais, au contraire, d» vanter plutôt, montrant par là tout ce qu'il devait à son mérite personnel, sans oublier non plus sa reconnaissance pour les leçons paternelles.

L'honorabilité de Jacques Roucher était d'ailleurs si bien reconnue par tous ses compatriotes, le soin avec lequel lit ses enfants lui assurait à tel point l'estime et la sympathie publiques, que les familles les plus élevé pays voulurent s'unir à lui par des liens de parenté.

L'enfant perdit sa mère de bonne heure: il lui a cor, quelques vers émus dans le XIIe chant du poème des k mais sa destinée ne fut pas celle des orphelins, car son père s'étant bientôt remarié, Jean-Antoine trouva dans la seconde femme une mère qui l'adopta et le traita v même sollicitude que ses propres enfants.

Roucher, dans la dédicace de son poème, a retracé les joies et les occupations de l'intérieur paternel :

Vous avez été mon premier instituteur, dit-il à son père; je n'oublierai jamais ces jouis de mon enfance où, me menant ous dans les promenades solitaires, vous m'entreteniez lie précoce de Pascal et du Tasse et me faisiez lire la le ces deux grands hommes. Grâce à vous, mon cœur palpitait déjà au nom de la Gloire. Je n'oublierai jamais qu'à emières lectures vous fîtes succéder bientôt celles de ique. et de la Jérusalem délivrée... Je dois à cette éducation mon amour pour la campagne et la poésie...

Et. passant aux qualités du cœur, il rappelait « les leçons de vertu, les exemples de piété fdiale, de tendresse fraternelle, de bienfaisance même », que son père lui avait donnés. « car. disait-il, vous m'avez fait voir que l'homme qui n'est pas riche peut faire encore du bien ».

Le simple artisan avait le goût des choses élevées, et.

pour ses enfants, la noble ambition de la gloire. Bien des années après le départ d'Antoine, quand celui-ci était déjà célèbre à Paris, son père lui écrivait :

Votre frère Pierre vient de passer docteur. Tous ses professeurs et confrères lui ont dit ce qu'il y a de plus flatteur; d'après cela jugez de ma gloire; aussi je lâche de donner à vos frères une éducation qui corresponde à la vôtre.

On le voit, le père lui-même avait profité de ses lectures et des enseignements qu'il donnait à ses enfants; il adorait la campagne et il en comprenait les beautés, si Ton en juge par cette lettre qu'il écrivait au poète en 1788, pour l'appeler auprès de lui :

Partez le plus tôt possible, partez au commencement de la belle saison; vous pourrez contempler les décorations successives du printemps dans nos jardins où il étale pompeusement toute sa magnificence.

L'abbé Gros de Besplas, parent de Roucher, aumônier de Monsieur, ayant fait en 1782 un voyage à Montpellier, écrivait au poète, alors à Montfort-l'Amaury, une lettre qui contient encore des détails sur la famille :

En vérité, mon très cher, je ne connais rien de plus respectable que votre bon papa... Vous avez un frère qui a remporté le plus grand nombre de prix cette année au collège. 11 pâlit sur les livres, et c'est un opéra quand il faut le déterminer à venir prendre ses repas. Voyez comme vous avez été contagieux pour vos frères. (Roucher avait une sœur qui était religieuse.) C'est un ange sur terre. Quelle candeur! quelle piété simple et douce ! J'ai beaucoup parlé à votre sœur de votre tendresse pour elle et elle y a répondu par les expressions de la plus vive amitié. Il paraît qu'elle vous est extrêmement attachée. Elle semblait respirer avec plus de liberté quand je lui parlais de vous. Je crois qu'elle sera heureuse

dans la solitude et que le temps n'amènera pas de réparée que le sentiment de foi est vif et profond. Votre bellemère a des entrailles de mère pour vous et m'a paru une personne bien respectable.

Enfin, pour achever ce tableau d'intérieur, nous citerons cette lettre du 12 juillet 1788, dans laquelle le poète annonce à sa fille la mort de son excellent père :

Si tu l'eusses connu, ce bon père, si tu eusses été en état de juger tout ce qu'il y avait de rare dans son cœur et dans ses lis en adoration devant sa mémoire. Né dans un état obscur, il avait tout ce qui rend digne d'être distingué; tu peux en juger par l'éducation qu'il a donnée à ses cinq garçons. Ajoute à ce premier aperçu qu'il vivait dans la province, à deux cents lieues de la capitale, et lu auras peine à concevoir qu'un tailleur qui n'avait pour tout bien que le produit de son métier ait pu suffire à élever huit enfants, parmi lesquels cinq garçons ont tous reçu une éducation qui devait les tirer de la classe commune.

souvenirs et les exemples reçus pendant l'enfance ont une grande influence sur toute la vie d'un homme. La bonté, la délicatesse exquise de Roucher, son amour du travail, ses aspirations vers l'idéal et vers la gloire, tout cela est en germe dans ces premières années.

Entré chez les jésuites dès l'âge de sept ans. Roucher s'y fit bientôt remarquer par son assiduité au travail, sa facilité et son goût pour tout ce qui touchait à la poésie. Il a raconté lui-même, en marge d'un de ces livres qu'il avait l'habitude d'annoter, un des épisodes de sa jeunesse studieuse :

J'étais en quatrième. Je n'eus pas de prix. J'allai me cacher de honte sous le théâtre où je restai pendant deux heures, lais-

sanl tout le monde inquiet de moi et mon père surtout, qui, non moins honteux, se contraignit cependant pour me consoler; et, le lendemain, lorsque les tambours de la ville publièrent auprès de notre maison le nom d'un de mes condisciples vainqueurs, je m'enfuis en pleurant et sanglotant.

Depuis, Roucher remporta toujours tous les prix de sa classe.

Les jésuites cherchèrent à le faire entrer dans leur ordre ; mais Roucher s'y refusa. Il consentit seulement à prendre le petit collet et à poursuivre ses études théologiques. Du reste, la compagnie de Jésus fut bannie du Languedoc en. juin 1762, et ce fut avec de nouveaux maîtres, prêtres libres choisis par les consuls, qu'Antoine Roucher termina sesi études.

Bientôt, on ne parla plus que de ses talents pour la prédication; à Montpellier et dans les villages des environs, le futur poète réunissait autour de la chaire une société nombreuse et choisie.

Ses compatriotes entendirent avec étonneraent un sermon Sur la Grâce, dans lequel Roucher aborda avec habileté et succès ce sujet si difficile et si scabreux. C'était presque un triomphe dans ce pays encore plein de l'éloquence des grands prédicateurs Bourdaloue et Massillon.

C'est encore à ces années de sa première jeunesse qu'il faut rattacher le souvenir de cette maladie et de cette heureuse convalescence qu'il a racontées dans le Mois de Mai de son poème.

En arrivant à Aiguesvives, où il venait passer les vacances de Pâques, il fut pris, dès le premier jour, dhine lièvre ardente; son père fut appelé aussitôt. On le croyait

perdu; mais la nature triompha du mal et, au ré\eil d'une profonde léthargie, il reprit le sentiment de la vie :

Quel charme de sentir ranimer tout son être!

Je crus qu'avec mes sens mon cœur venait de naître.

Tout me parut nouveau. Le soleil, à mes yeux,

it jamais brillé si pur, si radieux.

Mon père, il me semblait plus sensible et plus tendre,

imi, j'aimais plus à le voir, à I'enten Et l'asile champêtre où m'accueillit l'amour Pour moi d'un long printemps ne Gt qu'un heureux jour.

ilors que j'appris à mieux voir la campagne; C'est alors qu'appuyé sur ma belle compagne, Je connus, je goûtai tout ce que les oiseaux. Les bois touffus, coupés par de limpides eaux. Les grotte-, les gazons, le parfum des prairies Inspirent aux amants de douces rêveries.

:s à ces plaisirs si purs et si touchants

énie amoureux du théâtre des champs, La sensibilité que nourrit la retraite : En me faisant plus tendre, ils m'ont créé poète.

Le voilà donc guéri, et, qui plus est, amoureux. Cette première crise de la jeunesse, Roucher l'a chantée comme Ovide, et bien des critiques ont trouvé que c'étaient là quelques-uns de ses meilleurs vers :

Quel changeaient, ô dieux, suit l'iv plonge

Ce jeune homme à l'entince enlevé par b C'est un être nouveau dont le cœur affamé

■ l'inquiet besoin d'aimer et d'être ai Qui se livre en aveugle au penchant qui l'entraîne, Et sans choix court s'offrir à la première chaîne. -t un esclave enfin, mais un esclave heureux.

Il fallut regagner Montpellier; mais le charme sacerdotal était rompu. Des horizons nouveaux et plus étendus

s'ouvraient devant Iloucher. Il avait vingt ans, et, sous prétexte d'aller terminer en Sorbonne ses études théologiques, il allait partir pour Paris; mais, avant de quitter cette patrie qu'il ne reverra plus, il grave dans son esprit tous les spectacles qu'elle présente à son âme enthousiaste; il parcourt encore une fois la campagne pour en retracer un jour les fêtes champêtres ; il assiste à la récolte des ligues qu'il préférera toujours aux pêches les plus savoureuses; septembre ne lui paraîtra jamais aussi beau dans la campagne de Paris que dans les environs de Montpellier; poète, il sentira déjà l'impression mélancolique des soirées d'automne pour en dépeindre plus tard les charmes si tendres et si tristes à la fois.

Le beau soleil, le long printemps du Midi, les grâces de ses compatriotes, « cette école renommée que la faculté de Paris n'avait pu parvenir à effacer, tous les avantages enlîn qui faisaient une cité fameuse de la moderne Épidaure, se présentaient en foule au souvenir du poète et le remplissaient en même temps de regret et d'orgueil.

Combien de fois ces images de la patrie absente, encore embellies par l'affection et par la poésie, vinrent-elles le poursuivre sous un autre ciel et l'attendrir jusqu'aux larmes1. »

En arrivant à Paris, Iloucher portait encore la soutane. S'il n'avait plus les premières ardeurs de la foi, il avait du moins et il conserva toujours les nobles instincts de la eba-

1. Discours sur J.-A. Roucher, prononcé à la rentrée des facultés, le 16 novembre 1868, par M. Charles Iievillout, professeur de littérature française à la faculté des lettres de Montpellier. Ce travail, auquel nous reviendrons souvent, est certainement ce qui a été écrit de plus complet et de plus éloquent sur Roucher. Malheureusement, bien des documents ont manqué au savant professeur.

rite chrétienne. Son frère, Roucher-Deratte, a raconté « qu'il lui arrivait souvent, pour obliger ses amis, de mettre ses effets, ses boucles même en gage, et quelquefois, lorsqu'il était ecclésiastique, de poser ses chausses pour couvrir les nudités de certains pauvres qui pouvaient l'intéresser, quand il en rencontrait dans ses promenades solitaires ».

Mais la lutte était vive entre la vocation et les appels du monde; tantôt l'amour des lettres prenait le dessus, tantôt, à la sollicitation de son père, Roucher consentait à tenter une nouvelle épreuve; c'est ainsi qu'il abandonna l'étude de la théologie, puis qu'il la reprit au bout d'une année. Quand, un jour, on lui promit un bénéfice, il n'en fallut pas plus pour le décider à rompre définitivement avec la carrière ecclésiastique. 11 préféra la liberté et quitta la soutane. Cette décision l'honore grandement ; la vocation disparue, il valait mieux qu'il fût un écrivain honnête et indépendant qu'un prêtre philosophe ou frivole.

Pendant cette période d'hésitations et de tâtonnements, qui va de 1765 à 17 08, Roucher avait été conduit dans le monde par son ami et quasi compatriote. Imbert de Nimes . qui allait bientôt se faire un nom avec ce joli poème du 'Jugement de Paris. Déjà. Roucher comptait parmi ceux qu'on appelait alors « les Nourrissons des Muses ». Il avait de telles grâces dans la conversation, il récitait avec tant de feu rs qu'il composait avec une profusion excessive, le charme et la séduction de son abord étaient si grands qu'on recherchait de tous côtés ce poète de vingt-deux ans.

Mais il n'avait aucune fortune et ne voulait pas rester plus longtemps à la charge de son père.

Au mois de juillet 1768, Roucher entrait chez M. Pannelier, en qualité de précepteur.

Tout près du village d'Anel, situé à deux lieues de Compiègne, M. Pannelier a que nous devrions appeler l'HOMMK

d'anel, comme les Anglais disent I'homme de ross1 », avait construit une ferme riante et commode, à la place d'un vieux château adossé au mont Ganelon, aride et inculte. Le pays avait été assaini, des chemins ouverts, le pommier introduit dans une région qui ne le connaissait point. Ces travaux avaient été exécutés pendant l'année terrible de 1765. Le pauvre, devenu à son aise, avait rebâti sa cabane et appris de nouvelles méthodes pour cultiver la terre; l'église avait été reconstruite; en un mot, l'abondance et le bonheur étaient; revenus, et le nom de celui à qui on les devait était béni dans tout le canton.

C'est dans cette demeure d'un homme qui pratiquait le bon côté des doctrines économiques que Roucher allait passer trois années particulièrement fécondes.

Il aimait à gravir le mont Ganelon désormais couronné de gazon et verdure, pour y rêver dans la solitude; c'est là que^ la première pensée du poème des Mois vint se présenter à son esprit; c'est pendant ce séjour qu'il « communiait » avec la nature champêtre pour en remplir son âme. A propos des Ainow's du Cerf, ce tableau si connu, Roucher dit avec modestie qu'il a, du moins, le mérite de la vérité la plus scrupuleuse.

J'ai vu, dit-il, par moi-même, dans la forêt de Compiègne où j'allai passer une nuit entière, j'ai vu cette scène intéressante. \

De l'histoire naturelle on passait à la science; ou bien Roucher dirigeait des fouilles dont on rapportait un jour une médaille romaine et le lendemain une statuette de Mercure;

1. Les Mois. Notes, t. II, p. 236. Le? autres détails sur Anel et son seigneur sont également empruntés à cette source. — Les renvois sont faits sur la grande édition en deux volumes in-i°, dite de 1770, biei qu'elle soit de 1780.

LE POÈTE ROUCIIER. 11

ou bien à propos de la lutte, alors dans tu ueur,

entre Buffon et Voltaire, on creusait les flancs de la montagne.

Plusieurs personnes de la cour, qui siégeait alors à Compiègne, séduites, dit Rouclier, par la réputation de M. de Voltaire, et croyant que ce grand homme ne pouvait jamais avoir tort, vinrent à Anel. la brochure à la main, pour se convaincre que ce que nous appelons un banc d'huîtres n'était qu'un tas informe ailles délaissées par de pieux pèlerins. Arrivés sur le lieu, je leur dis seulement :

— Voyeï el j

Ku effet, la simple vue de ces coquillages, conservés dans et leur état naturels, frappèrent nos incrédules d'une surprise assez piquante pour ceux qui les observaient. On ne vanta plus, on ne cita plus la brochure; on la replia et l'on convint qu'il était possible d'être grand poète et mauvais naturaliste1.

Tous les sujets étaient abordés dans cette charmante demeure, et le poète préludait, par ces études, à cette érudition qui s'empare de tous les sujets et les traite avec tant de détails dans les notes des M

Mais la vie n'était pas toujours aussi sérieuse chez le seigneur d'Anel. Dans une première version de son poème. Boucher en a dépeint les agréables passe-temps. Les vers sent, comme le sujet, frais, jolis et heureux :

Le bonheur est-il un fantôme"?

Dans les palais et sous le chaume, Il habite avec Tamitié.

Dans tes labyrinthes asr-

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