Inédit
LE POÈTE ROECRER. 201
fleurs cueillies dans nue herborisation et Boucher lui avait répondu par des \ers charmants qui faisaient le tour des corridors1. Madame de Bonneuil connaissait Eulalie ; elle voulut avoir, de la main du poète, une copie des stances adressées à sa tille.
Le lendemain, elle les recevait avec cet envoi2 :
Je parle dan? ces vers du doux éclat des fleur?.
Et de ce doux éclat vous êtes embellie ;
Je parle dans ces vers d'une fille chérie,
Et d'en posséder trois vous goûtez les douceurs.
A ces deux titres, j'ose attendre De vous quelqu'intérêt et quelques pleurs aussi ; De Bonneuil, de nouveau, va se montrer ainsi
Et belle femme et mère tendre.
Madame de Bonneuil remercia le poète.
La citoyenne Bonneuil, écrivait Boucher à Eulalie3, m'a répondu par un billet très honnête, très aimable, en y ajoutant le portrait de sa fille Laure, peint par une autre de ses filles, portrait que je ne lui ai pas encore renvoyé quoiqu'elle l'attende. Je voudrais y ajouter un quatrain, mais ma Minette a tari la source des bons vers chez moi. Je doute fort que j'en fasse encore ici qui vaillent les stances à ma fille.
Roucher se trompait ; il devait faire encore sous les verrous un quatrain immortel.
Les relations continuèrent, entre le poète et madame de Bonneuil pendant tout le temps de leur détention commune. Échange de visites et de pensées, de livres4 et de dessins;