i>tamment, t. II, p
Aux scènes de plaisir qui renaisseut pour vous, . prêtre de Bacchus. je vous invite tous.
Alors. Jean-Jacques :
Remarquez, dit-il à Roueher, que les peuples dont les vins sont estimés ne connaissent point ces plaisirs vifs et bruyants qui doivent accompagner une heureuse vendange. Il n'y a dans vs que de riches propriétaires et la richesse, est tource qu'elle est intéressée et que l'intérêt est ennemi de la joie. Ces hommes d'or affligent de leur présence assidue ceux qu'ils tiennent à leurs gages. Voulez-vous voir, ajouta-t-il, un tableau réjouissant ? Transportez-vous dans les vignobles dont le produit, peu recherché des gournu consommé sur les lieux mèn. là que le travail est
mêlé d'une folle joie. Chaque paysan est propriétaire. 11 boira sa vendange ; et l'on'Jra vaille gaiement, toutes les fois qu'on travaille pour soi.
Ces relations du poète avec le peintre de la nature sont encore marquées d'un mot trop honorable pour qu'il soit sous silence. Rousseau, après avoir entendu un des morceaux des Mois, disait à l'auteur :
J'avais conlre la langue française deux préjugés : je ne la croyais faite ni pour la grande musique, ni pour la grande poésie. M. Gluck m'a détrompé du premier, vous me détrompez du second '.
Roueher regardait Jean-Jacques presque comme un dieu. Dans le poème des Mois et dans les notes qui l'accompagnent, le poète a parlé souvent du pauvre philosophe. En publiant les quatre lettres à M. de Malesherl
1. Consolations de ma captivité, t. II, p. 275, édition de Paris an VI.
s'attira plus que des ennuis : il brisa volontairement sa carrière1. C'est lui qui le premier donna un récit détaillé de la mort de Jean-Jacques et qui repoussa formellement l'hypothèse du suicide2. Il chanta Ermenonville et son tombeau 3.
Il resta son ami quand tout le monde l'abandonnait ; il voua à sa mémoire un véritable culte, et ce n'est pas sans raison qu'on a pu dire que leurs deu\ noms étaient désormais inséparables.
Ce que Roucher lui doit avant tout, c'est avec l'amour de la campagne et des travaux agricoles, le goût persistant de la solitude. Au lendemain des lectures. Roucher rentrai* en lui-même, et, dans un langage expressif il célébrait les avantages du recueillement; il avait dit dans un de ses vers :
La sensibilité que nourrit la retraite.
et il commentait ainsi cette pensée :
J'avoue que je suis encore à concevoir comment on a pu conseiller aux gens de lettres de se répandre dans le monde. Les avantages qu'on leur fait espérer de ce genre de vie me paraissent bien chimériques. Pour moi, je ne connais que deux classes de littérateurs à qui il soit utile de fréquenter la société : ce sont les romanciers et les poètes qui courent la carrière du théâtre. Tous les autres perdent dans ce commerce: ils y mettent beaucoup et n'en rapportent rien. Comment veut-on que le nombre des grandes idées s'augmente dans des cercles où presque personne ne pense, faute d'idées;