Inédit. 10 pluviôse. A madame Lecoq
LE POÈTE ROUCnER. 259
(\n'\ ?o sont passôos loin do nons ; répoqup dos révolutions sociales est bien plus féconde et jjIiis riche on événements faits pour intéresser les contemporains, surtout quand ils voient la liberté piddiquo s'élever du milieu des ruines du malheur.
Peu à peu, on s'installe : comme à Sainte-Pélagie, on se fait une cellule habitable. Moynat a trouvé une chambre.
Chabroud, le pro])re, et moi le soii;neux, écrit Roucher *, nous restons usufruitiers sans tiers de notre chambie qui, dans le fait, ne doit tenir (pie deux personnes...
En voici la description :
Ma chandire placée au troisième donne, par une très grande fiMiètro, juste sur le milieu d'une bien belle cour inférieure au di'là de la(pielle s'étend un immense parc, auquel s'associe la vue des faubourgs et de la campagne, que termine au bout de l'horizon le mont Valérien.
Quant aux jouissances intérieures, ce sont, à chaque étage, quatre larges et longs corridors, qui communiquent librement entre eux et la faculté jjleinc et entière de se promener au grand air, dans la vaste cour dont je vous ai parlé.
De temps à auti-e, l'arrivée d'un nouveau prisonnier qu'on a connu dans les jours heureux rompt la monotonie de cette existence qui a quelque chose de monacal.
Mais q!ii m'intoriompt? On frappe à ma porte, on entre.
— Ofi est le citoyen Rouchor? — I.e voici. — j'ouvre la feuille
mouvante de mon paravent et je vois devine (pii, ma
bonne amie? je te le d(unie en dix, en cent, en mille. — Qui! Vous, mon ami, vous ici .'est-ce pour y donni'r quelque secours?
— Non; j'arrive à l'instant même, suspect, arrêté ce matin, comme tel, par le comiti'- de ma section. — J'ai cru «pi'il plai'