Inédit
LE POÈTI': ROUCHER. 271
innocent... Quoi horrible événoniont ! Lni (lui avait si bien servi la Révolution, qui lui avait fait tant de sacrifices ! Mourir ainsi, jeune et plein de vie. Heiireiisempnt il ne laisse )u' femme, ??i enfants. Ce sont de terribles liens!
Tno autre fois, c'est l'instinct littéraire qui prend le dessus quand il y a une anecdote à citer :
La citoyenne Dervieux nous a raconté him- un Irait d'esprit de la part de Sophie Arnoukl, jadis grande actrice de l'Opéra, célèbre par son jeu tliéàlral, mais peut-être moins encore que par ses bons mots. Sophie, depuis la Révolution, a acheté un bien national, une maison de campagne qui avait appartenu à des moines. Là, elle s'est arrangée de son mieux, pour vivre dans la retraite, avec les débris de son ancienne fortune. Elle a conservé l'église qu'elle a convertie à son usage, et sur le fronton elle a placé une inscription que son esprit jilaisant a trouvée. Là, on lit en gros caractères : Ite ! Missa est. Con(;ùis-tu rien d'aussi plaisant ?
De temps à autre, les jours de grande provision, on donnait un festin dans la cellule ; mais alors on fermait la porte pour éviter les indiscrets * :
Vraiment, c'aurait été un spectacle bien édifiant, dans une prison, sous le règne de l'égalité, (ju'un festin digne des plus robustes aristocrates ! Que de clameurs contre nous à la vue d'un brochet et d'une excellente truite saumonée 1 Ce n'est pas là le brouet noir de Sparte auquel doit se résoudre tout bon républicain...
Vous savez déjà sans doute la manière leste dont j ai fait usage pour m'approprier ou ])lutôt pour faire disparaître ce scandale de l'amitié. Vraiment, c'était du plus loin qu'il m'en souvient de m'être trouvé en présence de tant d'aristocratie