‹ Pendant le terreurChapitre 64 sur 84 · Inédit · texte numérisé non relu

Inédit

290 TENDANT LA ÏEHHEUII.

Enfants du ciel, substances ininioitelles, réjouissez-vous! Anges, archanges, séraj)hins et chérubins, environnez votre reine et chantez: Hosanna! Alléluia! Emile reste aiiprcs deso7i père.

On n'a pas poursuivi l'exécution de l'ordre rigoureux qu'on m'avait intimé. J'ai fait valoir, ma chère Minette, notre position actuelle qui ne nous laisse pas la faculté d'avoir un domestiqu'' auquel ta maman puisse laisser ton frère quand, tous les matins, elle est obligée de te conduire à l'aniphitliéàlre du Muséum, pour l'achèvement d'une éducation qui te rendra, sans doute, un jour, utile à l'instruction publique ; j'ai fait valoir les leçons du malheur dont l'enfant est témoin et qui sont si propres à former les âmes républicaines; j'ai fait valoir enfin mes huit mois de captivité que la présence de cet enfant m'aide à supporter plus patiemment. Quoi qu'il en soit, Emile reste aiqwès de so7i père. C'est là mon refrain, c'est aussi celui de toute la maison; car tout le monde ici, oui, tout le monde le voyait, non sans intérêt, })i'èt à repasser pour toujours le seuil de cette grande porte inflexible. Ce bambin est aimé véritablement de tous les détenus. Les embrassades, les caresses pleuvent sur lui de toutes parts. C'i^st une roséf qui l'avive, le développe et lui donne une existence précoce au milieu du monde.

Au commencement de praiiial, la Terreur règne sans partage dans les prisons.

Ceux qui sont sous les verrous se regardent déjà comme hors de la vie ; on annonçait à Roucher le mariage d'une amie de sa fille :

On se marie donc! répond-il •. Je vous jure que je suis d'un monde où on se souvient peu du sens de ce mot. La guerre moissonne la jeunesse et la captivité ne la ressème pas.

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