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Décade pliilosopliique

2. Cet ami fut Chabroiul ou île Burt, ancien cpflifici' de la marine royale. C'est à ee dernier iiue le baron de ïrenck, partant |»OMr la Conciergerie, remit, comme un souvenir précieux, une tabatière d'écaillé qu'il avait rei;ue de la princesse Amélie de Prusse.

CHAIMTME V

LE TRIBUNAL R K VOL L'T I ON \.\ I R K ET l' KG II A F A un

A la Conciergerie. — Le tribunal révolutionnaire. — Réquisitoire de Fouquier-Tinville. — La condamnation. — lîouclier calme son ami. — La dernière charrette. — Les légendes et la vérité. — L'exécution. — Un quatrain immortel.

Le 7 tlierniidor, à neuf hoiircs du matin, dans cette salle de la Conciergerie que Millier a immortalisée, les deux poètes, à l'écail de la foule, s'entretenaient ensemble. On entre; leurs noms sont appelés les premiers; vinel-cinq autres les suivent. C'est la foxirnée du jour.

Quelques instants après, les vingt-sept accusés montaient sur les gradins dans la salle de la Liberté. Autour des deux amis, et, comme au hasard, Créqui de Montmorency et le conseiller Goësmann, hier encore l'objet des sarcasmes de Beaumarchais; un Montalembert à côté de Léonard, le

coifi'eur de la reine ; le marquis de Roquelaure et le baron de Trenck; des femmes, comme madame de Saint-Priest; huit prêtres ; d'anciens officiers et des « valets du tyran ».

On allait appliquer encore une fois celte loi du 22 prairial qui ne reconnaissait qu'une pénalité, la mort, et qui, pour supprimer les lenteurs inutiles, permettait de juger en masse. Des preuves matérielles ou simplement morales dispensaient d'entendre les témoins; pour gagner du temps, on n'admettait pas d'avocats et l'on empêchait les accusés de se défendre. Danton avait appelé Robespierre à le suivre. Il ne fallait pas revoir un pareil scandale!

Comme président, Coftinhal, « celui qui avait répondu deux mois avant à Lavoisier que la Bépublique n avait pas besoin de chimistes et qui aurait bien répondu aujourd'hui qu'elle n'avait pas besoin de poètes, surtout de ces poètes qui dénoncent les bourreaux'. »

Comme assesseurs, des jurés incapables de signer leur nom !

J'ai vu aux Archives nationales toutes les pièces du procès ; je les ai feuilletées une à une. Le jugement est souillé de taches de graisse, de café et de vin. Le style est indescriptible; les fautes d'orthographe ne peuvent se compter. Yoilà dans quelles mains la France était tombée ! voilà les juges qui condamnaient à mort Bailly et Lavoisier, Malesherbes et d'Estaing, Chénier et Roucher!

Dans tous les actes de ce procès, le nom du poète des Mois est toujours le premier- ; Chénier le second, Trenck

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