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A LA NOTICE QU EULALIE SE PROPOSAIT DE FAIRE

SUR SON PÈRE (vers 1830)

Il y a longtemps que les amis de Roucher et tous ceux qui s'intéressent à son nom, à ses grandes infortunes, nous sollicitaient de recueillir ce qui nous reste deluipourl'olTrir au public. Ce devoir pieux nous l'avions senti, nous avions vivement désiré, plus d'une fois, de le remplir, mais la France livrée d'abord aux diflerenles commotions politiques et successives de la Révolution, puis aux intérêts si puissants de sa gloire et de sa grandeur exclusivement militaires, ne nous semblait ni assez calme, ni assez occupée des réputations littéraires, ni assez religieuse pour les -victimes de la Révolution pour oser appeler l'altention du public sur le recueil le plus complet possible des œuvres de Roucher.

Aujourd'hui que notre situation politique et sociale nous permet de parler ouvertement, à la fois du littérateur, de l'homme de bien, du grand citoyen persécuté, de sa haine pour l'anarchie, de ses efforts généreux pour la combattre, de son dévouement pour la repousser et l'arrêter, enlin de ses ennemis, de ses bourreaux et de sa mort héroïque, nous entreprenons une tâche à la fois douloureuse et sacrée. Il ne faut pas moins qu'une époque aussi éloignée de celle de nos malheurs pour trouver en nous la force de les peindre, d'y arrêter notre souvenir et d'y associer le public.

APTENDICE. 341

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