‹ Pendant le terreurChapitre 75 sur 84 · M »'I£M)ICE · texte numérisé non relu

M »'I£M)ICE

!i' connaître le véri- ' . voire manière de mils du latin; votre sort ,■ i.

ie dirai sous quel signe

' ■ii>.rv(' en français, puisque iiiil UD si bel effet dans ' iiu^si pressé (le chanter , |iui'>(|u'iln'apudiiïéri'r

■ III)'- si grande beauté à son

vrs,

rp» df mnrier la vigne,

M <l()it aux troupeaux, ;>:s travaux,

' l'i>ri;'ii«l.

T.' nie fournir ici une critique

Ml praiitl plaisir à lire ulmkque

: un liail qw: papa, Dcs'ontaines et

'■■iil pas oublié de roiiiarquer, j'en

■ wrbc dire qui régit toute la

rronomc et ses sages travaux.

■I.'s sages travaux de l^beille,

, <l!if( art esl nécessaire pour' "'-

Cus f/imnta experientia parcis.

A'ir^ qui, ftr**jjvant votre course ordonnée, ' <i\ la marche de l'année;

• triji<e des moissons, .!-e instruit par vos leçor - pour les ^'c-rbes fécon'' i'iij^'^it les fi'oidcs ond'' / jiiamps et des forêtP

J .lu.j. > niA j<i B -Lis, vous uymphes '' Fauues, Dyuii)i3f voaez ; c'est pour v

traducteur semble avoir pris plai r ;i rejeter toutes les 1 êtes qui sont cepeudaul si bien oh sk'S dans le latin. Au lier vers il supprime Ixtas, ici alim :eres. Toute la féconde Cérès est dans ce mot a/m« -.burquoi avoir préfère >se des moissons? A coup sûr y- tjuvcrai cet hémistiche luut; à commencer par mon diclif ilù de ces choses qui, peut-être ind

jnent cependant au génie. Il a louj distinguer et de caractériser les ■

flit. Les trois vers d'après sont cor

it bien tourné :

lire de mythologie.

ivntes en apparence, s une manière à lui, Un seul mot lui .iiis, quoique celui-ci

Si l'homme encor sauvage, instruitlr vos leçons. les frpes uiides,

font, je le sais, la mesure du vers. Si.' -st là tout ce que le traducteur voulait, il a parfaitement rél

epi

Non ce n'est pas pour leurs dons qu'il chante.

Ou vous n'avez pas c prendre mimera veslra

C'est pour vof iiuc je cliante.

dii'ux q Virgile chante ; c'est U n'avez pas voulu com-

fcvEt loi, dieu du

I de la terre frai

\ soudain

de l'image

n sort vive et

untraire ; un fis

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bondir, un coursier frémissant. Si je l'osais, je dirais que mon mot à mot en dit cent fois plus à mon imagination. Je me rappelle que j'ai oublié de vous parler de cette apostrophe aux astres, j'y reviens. Comme Virgile sent le génie, quand il parle à ces dieux de l'année qui en effet doivent inspirer à un vrai poète autre chose qn'astrcs; quel sang-froid! c'est

Astres qui, poursuivant votre course ordonnée, Conduisez dans les deux la marche de l'auuée ;

Qu'on nous donne pour la traduction de

Vos ô clarissiina mundi

Liimina labcnlem cœlo qux ducitis annum.

Ah! Monsieur Delille, vous faites vos vers à tète reposée. Nous en étions, je crois, à Pallas; reprenons :

Pallas dont l'olivier eni'ichit nos rivages ; Vous, jeiuic dieu de Cée, ami des verts ombrages Pour qui trois cents taureaux éclatants de blancheur Paissent Vherbe nouvelle et l'aubrpine en fleur : Pau, qui sur le Lycée ou le riant Méuule Animes sous tes doigts la flùle jxistorale ; Vieillard qui dans ta main tiens un jeune cijpres Enfant qui le premier sillonnas les guérets ; Vous tous, dieux bienfaisants, déesses protectrices, Qui de nos fruits lieurcux nourrissez les prémices, Qui versiez l'eau des cIimix, qui fécondez les champs, Ainsi qu'à nos inoissons, présidez à 7nes chants.

Voilà douze vers qui ne sont ni traduction, ni imittdion. Je ne sais pas trop ce <[ue c'est ; mais ce ([ue je sais le mieux, c'est qu'ils sont maniérés et d'une petite manière. Celte herbe nouvelle, celle aubépine en fleur, tout cela est joli sans doute ; mais ce n'est pas Virf^ili^; qu'est-ce donc? Ici, Pan anime sous ses doigts la flûte pastorale: dans le latin on l'invite à quitter le bois paternel et son cher Ménale pour venir se mêler aux autres dieux.

Vieillard qui iXims ta main tiens un jeune cijprcs. Virgile n'a pas eu la folle prétention de faire jouer vieillard

ai\ ce jeune cijprùs. C'est du mauvais petit goût, al mio parère :

Enfant qui le premier sillonnas les guérets, ne rend pas

Uncique puer monstralor aratri.

Les quatre autres vers ne sont guc-rc bons. D'abord toute celte kyrielle de qui relalifs font là un très mauvais effet; et puis, que veut nous dire M. le traducteur par

Qui de nos fruits heureux nourrissez les prémices.

Des fruits heureux nourrir les prémices; voilà sans doute qui est clair ou du moins qui doit l'être, mais je n'y comprends rien. Le traducteur lui-même s'est-il bien compris? Pour le dernier vers, il ne mérite pas qu'on en parle; il est prosaïque et quelque cbose de ])lus. On assure que M. l'abbé Delille a quelquefois surpassé l'original en beauté. Je m incline et me tais devant ceux qui en savent plus long que moi; mais je dis tout bas que je doute fort que ce soit en simplicité, en force, en richesse d'expressions, en noblesse. J'ai cru voir dans le latin le sceau du génie apposé à chaque vers ; le traducteur moins prodigue n'a mis le sien qu'au dernier vers de la tirade. Voyons la seconde traduction. Oh! c'est une autre affaire ; elle est aussi littérale qu'on puisse la faire On y retrouvera les beautés de l'original. Mais avec ma franchise ordinaire, je vais faire quelques observations.

Sous quel astre on tourne les sillons,

Je sais (jue l'expression de tourner rend parfaitement le mot vertere; mais je ne la trouve pas d'un assez bon effet en fiançais jiour l'y impûitei' en ce sens.

Où la vigne docile à l'ormeau se marie,

11 me semble impossible de traduire aver plus d'élégance et plus littéralement, ulmisque adjungere viles. L'éjjithèle de docile est bien choisie. Les botanistes retrouveront là leur Virgile:

.... G du monde immortels bienfaiteurs,

voilà qui est vraiment poétique; cela sent l'cntliousiasme pour les belles choses.

Dont les lois font rouler le cercle de l'année ; Bacchus, riche Cérès, si, par vous couronnée

De biens qu'elle ignorait, la race des humains

Quitta le gland des Ijois pour le trésor des grains,

Couronnée de biens me [laraîl singulier; j'aimerais mieux un autre mot.

Et rougit d'un vin pur le cristal des Naïades ; je me garderai bien de mettre ce vers en comparaison avec

Et d'un nectar vermeil rougit les froides ondes. Inspirez-moi, Sylvains, Faunes, jeunes Dryades, Dieux visibles des champs ; Dryades, hàtcz-vous : Faunes, entourez-moi ; Sylvains, accourez tous ; Je célèbre vos dons.

C'est bien là Virgile, peut-être même embelli. 11 y a dans votre appel plus de mouvement; il est aussi plus nombreux. L'imagination voit arriver en foule la bande joyeuse. Cette reprise de Dryades, de Faunes, de Sylvains est ,de la plus grande élégance; vous faites venir chaque dieu d'une manière diiïérenle, ce qui ajoute, à la vivacité de la scène. Les uns se hâtent, les autres plus alertes accourent, ceux-ci déjà arrivés vous entourent.

Toi, puissant roi de l'onde,

Qui, frappant de ton sceptre une terre inféconde. Fis jaillir de ses flancs l'impétueux coursier, Neptune

On reconnaît là la naissance de Pégase. Ces vers m'offrent l'impétuosité de cette action, telle que Virgile l'a dépeinte; je les trouve nerborosi. Neptune est bien renvoyé, comme dans le latin.

Et vous, Minerve à qui de l'olivier

Allièucs doit les fruits, trésors de ses rivages ;

Ce vers qui n'est point (huis ^0I■i^riMal aurait Wwn dû y être; je me plais à retiouviT là Atiièues. Que d"i(.léos viiMiuenl en foule à ce uuui!

Donii-dieu qui de Cée aimes les bois sauvages Où, Lrillaut de blancheur, trois cent? jeuui'S taureaux, Pour toi, des frais buissons paissent les verts rameaux ; Pau, dont les yeux amis ouverts sur nos prairies, Des bauteurs du Tcgé gardent nos bergeries ;

Voilà Pan mieux occupé qu'à tin-r di.'s sons d'une llùle. Le voilà tel que Virgile nous le présente. Il fait hien image, place ainsi sur les hauteur du Tégé. Je le vois de là qui veille en bon berger sur tous les troupeaux. Les yeux amis sont heureux.

Vieillard de qui la main porte un cyprès ; et toi Qui du soc recourbé nous enseignas l'emploi, Je vous invoque tous, dieux, déesses propices, Qui nourrissez nos fruits éclos sous vos auspices, Et versez aux moissons l'eau féconde des cieux.

Vieillard de qui la main n'est pas bon, surtout ]iour le reste. Ensuite ce et toi, à la lin d'un vers, produit un elTet extraordinaire.

Tel est, à peu près, mon cher papa, ce que je pense des deux traductions que vous m'avez envoyées. Je ne fais pas de compaiaison de l'une à l'auln', surtout par rapport au latin. On ne peut cependant pas refuser à la première une certaine grâce dans l'ensendjle, mais elle est trop française. Je préfère l'autre «rt'c so7i air clraivjcr.

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