RAT CONCLUSIONS
Les quelques observations que nous avons réunies dans cette étude peuvent, à première vue, nous paraître surprenantes, puisqu'elles nous incitent à croire que le nouveau .médicament est la cause directe de troubles vasculaires graves, des phlébites.
Mais téméraire serait, semble-t-il, une généralisation à à partir de quelques cas observés dans un service de médecine générale où la rareté du médicament explique la centralisation et le rapprochement de malades tant chirurgicaux qu'obstétricaux. = eve |
Nous remarquons un fait, nous signalons une tendance. Nous ne pouvons, à ce jour, établir une loi.
Nous laissons à d’autres — surtout aux accoucheurs, puisque le sujet que nous présentons les intéresse principalement et que les phlébites sont bien plus fréquentes dans leur service que dans le nôtre — le soin de vérifier ce que nous avançons.
‘Le nombre de septicémies traitées par la pénicilline et celui des phlébites seront dans quelques années devenus sans doute suffisamment importants pour pouvoir établir une courbe de comparaison semblable à celle tracée par le Docteur Lacomme avec les cas soumis à la sulfamidothérapie. Il nous est impos- Sible de le faire actuellement sur le peu de malades que nous présentons.
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La difficulté, à ce jour, réside dans le fait qu'un produit très actif sur le microbe ne puisse empêcher, mais au contraire semble favoriser, un processus que la croyance commune attribue à l'infection. Faut-il done, comme le dit le Professeur Ducuing, « en rabattre du rôle excessif de l’infection dans la pathogénie des phlébites » ? Notre étude semblerait le laisser croire.
Mais si nous n'avons eu l'ambition d'apporter une modification vraiment originale dans cette pathogénie déjà confuse et délicate des phlébites, quelques notions pratiques parais-! sent toutefois dignes de retenir notre attention. £
4° La pénicilline — pas plus que les sulfamides — ne provoque de phlébites.
2° La pénicilline en favorise l'apparition en donnant à l'infection générale une évolution plus longue : la phlébite « a le temps » de se produire.
3° La phlébite se manifeste tardivement, vers le quinzième jour. | 3
4° La phlébite, une fois constituée, est une phlébite banale. Son évolution, ses complications, son traitement, ne diffèrent nullement de ce qu'ils étaient.
5° Lorsque l'infection générale paraît découler d'un foyer . de suppuration intravasculaire, la pénicilline — n'’arrivant pas à stériliser cette source microbienne
ne peut juguler la septicémie. L'intervention chirurgicale s'impose. L'administration du médicament avant et après la ligature de la veine ne pourra qu'améliorer le pronostic d'une aflection où l’état septicémique est tout, où la phlébite n'est qu'une complication — le plus souvent bénigne par elle-même — traduisant Ja localisation d'une‘infection en voie d'amélioration. ;