INTRODUCTION
Si certaines périodes de l'histoire semblent privilégiées par la fréquence et la grandeur de leurs moditications soCiales, peu, comme celle du début de ce siècle, pourront s’enorgueillir d’ avoir vu, en si peu de temps, dans le domaine médical, deux si importantes découvertes : d’une part les sulfamides; d'autre part la pénicilline
Toutes deux sont venues apporter à la médecine un secours précieux, puisque, par elles, dans les années écoulées entre
les deux dernières guerres, certaines affections jusque-là incurables ont eu, subitement, une évolution heureuse. La lutte.
microbienne, après l'ère pasteurienne, faisait ainsi, grâce surtout, cette fois, aux auteurs allemands pour les sulfamides, américains pour la pénicilline, un progrès considérable. Actuellement, cependant, nous voyons les sulfamides un peu délaissées, toute la faveur allant au nouveau produit qui, dès san apparition, eut {ô£ fait de conquérir le thérapeute enthousiaste. Toutefois, les microbes ne sont pas également sensibles à la pénicilline. Toutes les maladies ne peuvent être guéries par elle. Notre expérience, et surtout celle, plus complète, des auteurs étrangers, nous ont permis de délimiter le
champ d'action du « Penicillium notatum », isolé par Flem-
ming en 1929. Depuis les premiers essais cliniques effectués
à Oxford en 1941, on est parvenu, d’une manière précise, : établir expérimentalement la liste des germes sensibles insensibles. C'est ainsi que, par exemple, le gonocoque, méningocoque, le pneumocoque, sont ‘promptement détruits, contrairement aux bacilles d’Eberth, de Yersin, de Koch ou de Ducrey. FR EUR 7 |
Ces recherches, éflectuées aux Etats-Unis sur une grande échelle, in vitro, ont pu être faites également in vivo très facilement. En effet, la pénicilline est sans action néfaste pour l'organisme sain, qui, bien que recevant de très fortes doses, n’en est nullement incommodé. C’est là un avantage considérable sur les sulfamides. Plus de complications graves à redouter, complications digestives, nerveuses, rénales ou cutanées, si fréquentes lorsque la quantité de thiazomide ou de Dagénan, par exemple, se heurte à une susceptibilité trop grande et imprévisible du sujet.
Donc, à part quelques petits incidents signalés : fièvre, urticaire, céphalée, crampe musculaire, goût désagréable, dans la bouche, la pénicilline n’est pas nocive. Doit-on, cependant, lui accorder une confiance absolue, et partager la foi aveugle du thérapeute ? Sans parler des cas où des négl:gences techniques, une imparlaite stérilisation par exemple. ont été la source de complications, ne doit-on. pas faire quelques restrictions sur l'emploi de ce produit nouveau ?
Nous avons remarqué, dans le service de notre Maître, M. le Professeur Dupérié, directeur du Centre régional de péricillothéräpie, une augmentation du nombre des phlébites chez des malades atteints d'infections diverses, surtout d'ordre médical, suppurations pulmonaires, ou ‘d'ordre obstétrical, SERRES post partum où posl abortum. par exemple.
Nous n'envisageons pas les cas de phlébites survenant après des interventions chirurgicales sur le petit bassin, ou celles apparues chez les jeunes accouchées, sans autres signes d’inlection, complications classiques et TER même avant tout traitement pénicillé.
Le fait qui semble donc devoir retenir notre attention est.
le suivant : y a-t-1l une relation centre la pénicillothérapie el la formation des phlébites?
Les cas signalés sont-ils le fait d'un hasard, une « série heureuse » ou bien le médicament provoque-t-il vraiment la complication veineuse, jouant un rôle particulier dans la pathogénie de cette atteinte vasculaire ?
Pouvons-nous, par la clinique et le laboratoire, préciser cette action et prévoir l'apparition de la phlébite ?
Enfin, la phlébite constituée, la pénicilline a-t-elle une action sur son évolution ? parvient-elle à aseptiser le thrombus ? ,
Ce sont ces divers problèmes que nous nous proposons d'envisager dans ces quelques pages, sans toutefois avoir l'ambition de pouvoir les résoudre entièrement.