HISTORIQUE
L'histoire de la pénicilline comporte les recherches de nombreux savants, biologistes, chimistes et médecins. Elle peut être résumée en trois étapes distinctes: la découverte par Fleming, l’étude par l’Ecole d'Oxford et la fabrication industrielle par les, Américains.
Cependant bien avant la découverte de Fleming, en 1877, Pasteur et Joubert avaient signalé l’inhibition d’une culture des germes de l’anthrax par les bactéries de l’air. Avec le génie et l’audace qui caractérisent les grands esprits, le père de la bactériologie prophétisait : « Tous ces faits (les antagonismes microbiens) autorisent peut-être les plus grandes espérances au point de vue thérapeutique. » I ne devait pas être démenti.
A partir de cette date de nombreux travaux contribuëérént à maintenir cette idée hors de l’oubli. Mais ce
be. de
n’est qu’en 1929 que sir Alexander Fleming, par une observation fortuite, révèle l'existence d’une substance antibactérienne dans le liquide métabolique d’une moisissure accidentellement tombée dans une boîte de Piétri où il cultivait des souches de staphylocoques. Dès lors il s'intéresse à la recherche de l’antibiotique secrété par cette moissisure. Après de nombreux travaux il en déduit qu’elle n’a d’action inhibitrice que sur certains germes et qu’elle n’est pas toxique pour les leucocytes. D'ores et déjà il estime qu’elle pourrait être « un antiseptique efficace, utilisable dans le traitement de foyers septiques ».
Plusieurs années après, Clutterbuck, Lowel, Raïistrick essayèrent d'extraire la pénicilline, mais ayant échoué ils conclurent que la substance est trop labile pour être d'un usage clinique. Fleming n'utilise plus l’antibiotique que pour la différenciation des cultures et « son usage dans un but thérapeutique est resté, comme il l'écrit lui même, dans l'attente, jusqu'à ce que les travailleurs acharnés d'Oxford commencent leurs recherches ».
C'est en effet Florey et son équipe qui de 1938 à 1949 réalisent la pénicilline en tant que médicament. Avec la collaboration de Chain, Abrahams Gardner, Heatley, Jennings, Orr-Ewings, Sanders, Fletcher °t lady Florey, il publie une série de notes qui embrassent l’ensemble du problème de la pénicilline. Tout fut exa- miné: le mode de préparation de la pénicilline brute. Sa concentration et sa purification, son comportement à l'égard des tissus et des humeurs, son absorption et son élimination, et pour finir, l’utilisation de l’antibiotique sur quelques malades.
Ainsi résolu, le problème de la pénicilline entrait
dans le domaine de la pratique. Cependant il restait une condition indispensable à remplir: la préparation industrielle du produit pour permettre une expérimen-
tation et un emploi plus large. Les Américains Coghill,
Noyer, l’entreprirent et la réalisèrent à la lumière des recherches de l’équipe d'Oxford.
La pénicilline, fruit d’une saine coopération internationale, prenait place dans l’arsenal thérapeutique.