Penmarch aux XVIe et XVIIe siècles
La presqu'île de Penmarch, à La pointe S. W. de la Bretag n'est pas seulemenl le point d'atterrissage remarquable que \etiaient reconnaître, «lès Le moyen-Age, les bateaux à destination des ports dn golfe de Gascogne, comme le montrent portulans et
routiers, par exemple le Routier de la mer de (iarrie dit IVrrandr. compose entre i ',8'] et l5o0 l, IVnmareh a aussi son histoire et sa
Légende. La Légende, très répandue, de nos j mrs encore, dans le pays, affirme qu'il existait en ce lieu une ville populeuse el pros père, dont les nombreuses églises inachevées ou ruinées du territoire et quelques maisons d'apparence seigneuriale ne seraient que Les restes. Cette Légende a trouve'* sa forme hyperbolique achevée dans L'affirmation, rapportée par Souvestre, « qu'il y avait à Penmarch une ville ;ni^i consi Lérable qne Nantes -' ».
\\ant d'étudier les titres authentiques de Penmarch et de mesurer son importance Véritable à la veille et au lendemain de
ses malheurs, c'est à dire aui XVIe et WII sin-les. nous indiquerons d'après 1rs textes successifs comment la Légende s'est form< r. Mlle a pour origine L'épisode du sac de Penmarch par le fameux brigand de Gornouaille, Guy Ederde La Fontenelle, pendant les guerres de religion < i -">*)."» ). Cet événement est raconté par Le chanoine Moivau dans les termes suivants
« Les habitans de Penmarch, Lors en grand nombre, et qui se ^l<nifloient de leur force, car ils pouv oient l>i« n fournir deux mille < in<| o arqnebusirrs, comme voulant faire une république à part, pensant seulement à leur particulière conservation, sans wcier de Leurs
voisina, et pour si- prévaloir et défendre contre La Fonlen< Ile, comme
i. Extraits pobltéi b( annote* par M. Pawlowski, Hnll . de i '
commerciale de Bordeaux, 17 terrier 1901. p 68 si
•i. Souvesthk. note a Cwunv, Voyage dont le Fintil
.'{. Moukai. Eiitoirê det guerre* de la ligue en Bretagne, 6d Le Bastard de Metmenr, ts:?»;. p, tf| ,-t ioIt.
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il |i m ■ i.ui lool naturel, lli font d< m forts audit Penmar< ti h , ,|. ii, oulli ' . I .mu . , I . i ; Itj -il un- maison qu'Us environnent «i« retranchements el de pall et dedana les
deux forli ■ ■ ■ t leori personnel i l l nn forum int bi< n
m détona lesefforta de Le Fontenelle, comme I li II*
étoieol ^'ils se fussent arméf de conrage, d'cxp< lesquels tom
.1, u\ lenr inanquèrenl au l»< soin, comme nous . Urona ci apri on
bi n (ju ils ..n ut i.i réputation d'être bons aoldata en mer, al n firent Us aucun devoir à terre. »
Voua croyons devoir abréger i<-i l<- récit fort Long <lu chanoine. La Fontenelle procéda i>;n- ruse. Il ae « feignit l<- grand ami » de* Penmarchais, vint avec des apparences <!»• I»<»n apôtre, tin» aui habitants des discours flatteurs, et pendant qu'il retenail ;iiu<i leur attention, sea soldats enlevèrent les deux forts par surprise. Il 3 eut grand massacre el grand pillag
« Le butin fut grand, continue Morean, car tous les plus ricins dudit lieu, dont il y avoit grand nombre, se confiant en leur courage et leurs ouvrages, nombre de gens de marine étoient en ces forts « t a'avoient daigné se retirer ailleurs, comme plusieurs autres avoienl (ait, entre
autre ceux d'Audierne et de tout le cap Sizun, qui sYloimt relir* Bresl ; si bien qu'ils perdirent tout ce qu'ils avoient, et aurtout grande
quantité de navires, bateaux et barques plus de trois cents de t<>u-> volumes, dans lesquels La Fontenelle ayant fait charger le butin lit rendre à son i'ort de Douarnenez :. . . Je n'ai pas su le nombre des morts de Penmarch, tant il y a que la plupart de la tuerie fut dans l'église, qui faisait comme le donjon de leurs forts... De ce ravage de Penmarch demeura telle ruine qu'il ne pourra de cinquante ans relever ny possible jamais, et semble que tout depuis ils sont suivis de je ne sais quel malheur qui les accable de plus en plus, quelque peine qu ils prennent de reprendre haleine. »
On voit que le pillage de Penmarch par La Fontenelle a fortement frappé l'imagination des contemporains. Par une conséquence naturelle, la prospérité passée de Penmarch s'exagéra dans leurs souvenirs, et à mesure que les années s'écoulèrent, l'exagération devint plus sensible.
Le second auteur involontaire de la légende fut Bertrand d'Argentré. Il écrivait en 1669 l :
« [En i4o4], un nommé Guillaume de Villefort, amiral d'Angleterre, prit sur mer grand nombre de vaisseaux jusqu'au nombre de $0, venant