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possédaient alors la première marine de l'Europe It d'autant
plus redoutable que la Prance n'avait ni marine de guerre, ni défense des côtes organisée. La position avancée de Penmarch, traditionnel point d'atterri et de reconnaissance ponr les
bateaux (jui s'élevaient du ur< Ifc de Gascogne vers la Manche, exposait tout particulièrement les pêcheurs <1<- ce territoire ani coups de l'ennemi. Il n'est pas surprenant que les ravages des Espagnols, et surtout li' sentiment d'une constante insécurité, aient fini par ruiner les pêcheries et par disperser en grande parti*- la population maritime.
C'est dans 1rs archives de Penthièvre que nous trouvons des traces de cette déplorable situation. Dès le icr octobre i">o9, Charles Rolland, « fermier du debvoir des pêcheries etsécheries de Cornouailles se plaint au sujet des bateaux pécheurs qui ont
se d'aller en mer par crainte des ennemis. En i5->7. les fermiers font requête « au roy et à Messieurs de son conseil ». parce que plusieurs pêcheurs refusent de payer le droit. En i55i. les débiteurs passent du refus à la révolte : les fermiers s'adressent au duc d'Etampes, qui envoie aux rebelles Jean de Rosmadec pour tacher de les l'amener par la douceur. De Tréoultré. Jean de Rosmadec écrit au duc d'Etampes (août i553) : « Je montrai aux paroissiens Le tort qu'ils avoient de vous nier le droit de pêcheries; ils commencèrent à crier après moy, disant! qu'ils étoient fort pauvres et que les Espaignolz leur faisoient ordinairement ennuy ». Remarquons ees cris de misère, à Tréoultré-Penmarch, à une époque où. d'après la légende, la « ville » de Penmarch devait encore jouir d'une fabuleuse prospérité. Jean de Rosmadec ne réussit pas à enrayer le mouvement : en 1555, les pêcheurs de Trefïiagat nièrent à leur tour le droit de pêcheries : le 19 décembre i556, les habi-