J'ai jeté les autres ou mis ailleurs
aussi savants sans être aussi fols? Comme ils m'ont dit que c'étoit leur habit qui leur inspiroit une fureur si grande, je les ai fait dépouiller et ai voulu qu'ils fussent vêtus comme deux mandarins. 5 D'ailleurs, je me suis imaginé que, comme ils n'avoient point de commerce avec les femmes, cela leur donnoit un esprit rude. Ainsi j'ai résolu de les marier et de leur en donner, à chacun, deux, etc.
10 114* (1610. II, f° 462 v°). — Enfin, on vient de publier l'arrêt qui met l'Étranger aux Petites -Maisons et tous les François à l'Hôpital! Les actions et les billets de Banque perdent de moitié. On ôte aux sujets trente fois cent millions d'un coup de plume,
i5 c'est-à-dire une somme qui existe à peine dans le Monde, et avec laquelle on pourroit acheter tous les fonds du royaume de Perse. Toute la Nation est en larmes. La nuit et le deuil couvrent ce malheureux royaume : il ressemble à une ville prise d'assaut
20 ou ravagée par les flammes. Au milieu de tant de malheurs, l'Étranger seul paroît content de luimême et parle encore de soutenir son funeste système. J'habite ici le pays du désespoir : mes yeux ne voyent que malheurs qui accablent les
25 Infidèles. Un vent s'élève et emporte leurs richesses. Leur fausse abondance disparoît comme un fantôme.
115* (161 1. II,f°463). — J'apprends, en ce moment, que l'arrêt dont je te parlois vient d'être révoqué. T. 1. . 7
Ce changement ne te doit pas paroître extraordinaire. Ici les projets chassent les projets, comme les nues chassent les nues. L'arrêt est révoqué, mais non pas le mal qu'il a fait. Le Ministère vient de faire au Peuple une confidence dont il ne se relè- 5 vera jamais. — Adieu.
De Paris, du 21 de la lune de Rébiab rr, 1720.
116* (16 12. II, f°463). — Tu me dis que notre grand monarque n'est occupé qu'à rendre à ses sujets une justice inviolable, qu'à retirer les petits de l'oppres- 10 sion des grands, et à faire respecter les grands par les petits. Gloire à jamais à ce généreux prince! Veuille le Ciel que sa puissance n'ait pas plus de bornes que sa justice.
117* (161 3. II, f°463). — Vous me demandez ce que i5 c'est que la Régence. C'est une succession de projets manques et d'idées indépendantes; des saillies mises en air de système; un mélange informe de foiblesse et d'autorité; toute la pesanteur sans la gravité du ministère; un commandement 20 toujours trop roide ou trop lâche ; tantôt la désobéissance enhardie, et tantôt la juste confiance découragée ; une malheureuse inconstance à abandonner le mal même; un conseil qui tantôt se roidit, tantôt se multiplie, qui paroît et se perd 25 aux yeux du public d'une manière sourde ou éclatante, aussi différent par les personnes qui le composent, qu'il l'est par la fin qu'elles se proposent.
LETTRES PERSANES 5l
118* (i 614. II, f° 463 v°). — Il y a une espèce de turban qui fait faire la moitié des sottises qui se font en France. Ce prétendant qui veut avoir le chapeau à quelque prix qu'il en soit, s'imagine qu'il couvrira tou- 5 tes les mauvaises démarches qu'il fait pour l'obtenir.
Il n'y a guère de prince qui ne s'en sente honoré. Il n'y a guère de faquin qui n'y puisse prétendre. Sa pourpre confond toutes les conditions et s'allie orgueilleusement avec elles.
10 119* (161 5. II, ^464). — Je me souviens que, lorsque nous arrivâmes en France, Hagi Ibbi regardoit le Roi avec mépris lorsqu'on lui disoit qu'il n'avoit ni femmes, ni eunuques, ni sérail; que personne ne fuyoit lorsqu'il passoit quelque part;
i5 que, lorsqu'il étoit dans la Capitale, à peine la plupart des gens distinguoient-ils son carrosse de celui d'un particulier.
120*(i6i6. II, f°464). — C'étoit un grand spectacle1 de voir tous les Troglodytes dans la joye,
20 pendant que le Prince fondoit en larmes. Le lendemain, il parut devant les Troglodytes avec un visage qui ne marquoit ni tristesse, ni joye. Il ne parut plus occupé que du soin du gouvernement. Mais l'ennui secret qui le dévoroit le mit bientôt
25 dans le tombeau. Ainsi mourut le plus grand roi qui ait jamais gouverné les hommes.
1. Page 64 des Lettres persanes, Ier volume. — J'avois pensé de continuer l'histoire des Troglodytes, et voilà quelle étoit mon idée.
Il fut pleuré pendant quarante jours : chacun crut avoir perdu son père; chacun disoit : « Qu'est devenue l'espérance des Troglodytes? Nous vous perdons, cher Prince! Vous croyiez que vous n'étiez pas digne de nous commander. Le Ciel a 5 fait voir que nous n'étions pas dignes de vous obéir. Mais nous jurons, par vos mânes sacrés, que, puisque vous n'avez pas voulu nous gouverner par vos loix, nous nous conduirons par vos exemples. »
Il fallut élire un autre prince, et il y eut une 10 chose de remarquable : c'est que, de tous les parents du monarque défunt, aucun ne réclama la couronne. On choisit, dans cette famille, le plus sage et le plus juste de tous.
Vers la fin de son règne, quelques gens crurent i5 qu'il étoit nécessaire d'établir chez les Troglodytes le commerce et les arts. On assembla la Nation, et cela fut résolu.
Le Roi parla ainsi : « Vous voulûtes que je prisse la couronne et me crûtes assez vertueux pour vous 20 gouverner. Le Ciel m'est témoin que, depuis ce temps, le bonheur des Troglodytes a été l'unique objet de mes inquiétudes. J'ai la gloire que mon règne n'a point été souillé par la lâcheté d'un Troglodyte. Voudriez - vous préférer aujourd'hui 25 les richesses à votre vertu? »
« Seigneur, lui dit un d'entre eux, nous sommes heureux : nous travaillons sur un fonds excellent. Oserai-je le dire? Ce sera vous seul qui déciderez si les richesses seront pernicieuses à votre peuple, 3o ou non. S'ils voyent que vous les préférez à la
vertu, ils s'accoutumeront bientôt à en faire de même, et, en cela, votre goût réglera le leur. Si vous élevez dans les emplois ou que vous approchiez de votre confiance un homme par cela seul 5 qu'il est riche, comptez que ce sera un coup mortel que vous porterez à sa vertu, et que vous ferez insensiblement autant de malhonnêtes gens qu'il y aura d'hommes qui auront remarqué cette cruelle distinction. Vous connoissez, Seigneur, la base sur
io quoi est fondée la vertu de votre peuple : c'est sur l'éducation. Changez cette éducation, et celui qui n'étoit pas assez hardi pour être criminel rougira bientôt d'être vertueux.
« Nous avons deux choses à faire : c'est de flétrir
i5 également l'avarice et la prodigalité. Il faut que chacun soit comptable à l'État de l'administration de ses biens, et que le lâche qui s'abaissera jusqu'à se dérober une honnête subsistance ne soit pas jugé moins sévèrement que celui qui dissipera le
20 patrimoine de ses enfants. Il faut que chaque citoyen soit équitable dispensateur de son propre bien, comme il le seroit de celui d'un autre. »
« Troglodytes, dit le Roi, les richesses vont entrer chez vous. Mais je vous déclare que, si vous n'êtes
25 pas vertueux, vous serez un des peuples les plus malheureux de la Terre. Dans l'état où vous êtes, je n'ai besoin que d'être plus juste que vous : c'est la marque de mon autorité royale, et je n'en saurois trouver de plus auguste. Si vous ne cherchez à vous
3o distinguer que par des richesses, qui ne sont rien en elles-mêmes, il faudra bien que je me distingue
par les mêmes moyens, et que je ne reste pas dans une pauvreté que vous mépriserez. Il faudra donc que je vous accable d'impôts, et que vous employiez une grande partie de votre subsistance à soutenir la pompe et l'éclat qui serviront à me rendre res- 5 pectable. Je trouve à présent toutes mes richesses dans moi-même; mais, pour lors, il faudra que vous vous épuisiez pour m'enrichir, et ces richesses, dont vous faisiez tant de cas, vous n'en jouirez point : elles viendront toutes dans mes trésors. 10 O Troglodytes! nous pouvons être unis par un beau lien : si vous êtes vertueux, je le serai; si je suis vertueux, vous le serez. »
121* (1617. II, f° 466). — Le grand Eunuque à Janum, à ****. — Je prie le Ciel qu'il te ramène en i5 ces lieux et te dérobe à tous les dangers.
Destiné à remplir une place dans le sérail qui m'est soumis, tu iras peut-être quelque jour au poste que j'occupe : c'est là que tu dois porter tes vues. 20
Songe donc de bonne heure à te former et à t'attirer les regards de ton maître. Compose -toi un front sévère; laisse tomber des regards sombres; parle peu. Que la joye fuye de tes lèvres. La tristesse sied bien à notre condition. Tranquille en 25
1. Cette lettre n'a pu être mise dans les Lettres persanes : i° parce qu'elle ressemble trop aux autres; et 20 parce qu'elle ne fait que redire ce qui y est mieux dit. Je la mets ici à cause de certains fragments que j'en pourrai peut-être tirer, et quelques endroits vifs qui s'y trouvent.
apparence, fais, de temps en temps, sortir un esprit inquiet. N'attends pas les rides de la vieillesse pour en montrer les chagrins.
C'est en vain que tu te plierois à une lâche
5 complaisance. Nous sommes tous haïs des femmes, et haïs jusqu'à la fureur. Crois -tu que cette rage implacable soit l'effet de la sévérité avec laquelle nous les traitons? Ah! elles pardonneroient nos caprices, si elles pouvoient nous pardonner nos
10 malheurs.
Ne te pique point d'une probité trop exacte. Il y a une certaine délicatesse qui ne convient guère qu'aux hommes libres. Notre condition ne nous laisse pas le pouvoir d'être vertueux. L'amitié, la
i5 foi, les serments, le respect pour la vertu, sont des victimes que nous devons sacrifier à tous les instants. Obligés de travailler sans cesse à conserver notre vie et à détourner de dessus notre tête les châtiments, tous les moyens sont légitimes :
20 la finesse, la fraude, l'artifice, sont les vertus des malheureux comme nous.
Si tu viens jamais à la première place, ton principal objet sera de te rendre maître du sérail. Plus tu seras absolu, plus tu auras de moyens pour
25 rompre les brigues et la fureur de la vengeance. Il faut commencer par abattre le courage et ensevelir toutes les passions dans l'étonnement et dans la crainte. Tu n'y réussiras jamais mieux qu'en animant la jalousie de ton maître. Tu lui feras, de
3o temps en temps, de petites confidences. Tu arrêteras son esprit sur les soupçons les plus légers. Tu l'y
fixeras, ensuite, par quelques nouvelles circonstances. Quelquefois, tu l'abandonneras à lui-même et laisseras, pour quelque temps, flotter son esprit incertain. Tu te présenteras ensuite, et il sera charmé de trouver en toi un médiateur entre son 5 amour et sa jalousie : il te demandera tes avis ; doux ou sévère, tu te feras une protectrice, ou tu humilieras une ennemie.
Ce n'est pas que tu puisses toujours jeter à ton gré les soupçons de quelque intrigue criminelle : I0 des femmes abattues sous tant de regards ne peuvent guère être accusées de certains crimes avec apparence. Mais il faut les aller chercher dans les ressources que l'amour désespéré se procure, quand l'imagination furieuse va se prendre à tous i5 les objets qu'elle trouve. Ne crains point d'en trop dire : tu peux être hardi à feindre. Depuis tant d'années que je gouverne, j'ai appris, j'ai vu même des choses incroyables. Mes yeux ont été témoins de tout ce que la rage peut inventer, et de tout 20 ce que le Démon d'Amour peut produire.
Si tu vois que ton maître, capable du joug de l'amour, détermine son cœur sur quelqu'une de ses femmes, relâche un peu, à son égard, de ta sévérité ordinaire; mais appesantis -toi sur ses 25 rivales, et tâche de lui rendre agréables et ta douceur et ta sévérité.
Mais, si tu vois que, peu constant dans ses amours, il use en souverain de toutes les beautés qu'il possède; qu'il aime, quitte et reprenne; qu'il 3o détruise le matin les espérances du soir; que le
LETTRES PERSANES 5j
caprice suive le choix; le mépris, le caprice : pour lors, tu seras dans la plus heureuse situation où tu puisses être. Maître de toutes ses femmes, traite les comme si elles vivoient dans une perpétuelle dis- 5 grâce, et ne crains rien d'une faveur qui se perd à mesure qu'elle se donne.
C'est donc à toi d'aider son inconstance. Il arrive quelquefois qu'une beauté triomphe et arrête le cœur le plus volage. Il a beau s'échapper, elle le
10 rappelle toujours. Des retours si constants menacent d'un attachement éternel. Il faut, à quelque prix qu'il en soit, rompre ces nouvelles chaînes. Ouvre le sérail ; fais y entrer à grands flots de nouvelles rivales ; fais diversion de toutes les parts; confonds une superbe
i5 maîtresse dans le nombre, et réduis la à disputer
encore ce que les autres ne pouvoient plus défendre.
Cette politique te réussira presque toujours. Par
ce moyens, tu useras si bien son cœur qu'il ne
sentira rien. Les grâces seront perdues : tant de
:o charmes secrets pour tout l'univers le seront encore plus à ses yeux mêmes. En vain, ses femmes, à l'envi, essayeront sur lui les traits les plus redoutables. Inutiles à l'amour, elles ne tiendront à son cœur que par la jalousie.
25 Tu vois que je ne te cache rien. Quoique je n'aye jamais guère connu cet engagement qu'on appelle amitié, et que je me sois enveloppé tout entier dans moi-même, tu m'as pourtant fait sentir que j'avois encore un cœur, et, pendant que j'étois de bronze
3o pour tous ces esclaves qui vivoient sous mes loix, je voyois croître ton enfance avec plaisir.
Je pris soin de ton éducation. La sévérité, toujours inséparable des instructions, te fit longtemps ignorer que tu m'étois cher. Tu me l'étois pourtant, et je dirois que je t'aimois comme un père aime son fils, si ces noms de père et de fils n'étoient pas plus 5 propres à nous rappeler à tous deux un souvenir affreux qu'à nous marquer une douce et secrète sympathie.
122* (1618. II, f°468 v°). — Rica à Usbeck. — Voici une lettre qui est tombée entre mes mains. io
« Ma chère cousine,
» Deux hommes tout de suite m'ont quittée. J'ai attaqué celui que vous saviez; mais il a été comme un rocher. Mon cœur s'indigne des affronts qu'il reçoit chaque jour. i5
» Que n'ai-je point fait pour l'attirer? J'ai cent fois renchéri sur les politesses que j'ai coutume de faire. « Bon Dieu! disois-je en moi-même, se peut-il que » moi, à qui on disoit autrefois tant de douceurs, » je fasse aujourd'hui tant de restitutions pour 20 » rien ! »
» Vous avez, ma chère cousine, deux ans moins que moi, et vos charmes sont bien au-dessus des miens. Mais je vous conjure de ne me point abandonner dans la résolution que j'ai prise de quitter 25 le monde. Vous êtes confidente de tant de secrets; je suis dépositaire de tant d'autres! Il y a plus de trente ans que notre amitié triomphe de toutes les petites brouilleries que produisent nécessairement,
dans une société, la variété des intrigues et la multiplicité des intérêts.
» Je vous l'ai dit souvent : ces petits maîtres que
j'ai tant aimés, je ne puis plus les souffrir. Ils sont
5 si contents d'eux-mêmes, et si peu de nous. Ils
mettent à un si haut prix leur, sottise et leur
figure — Ma chère cousine, sauvez-moi leur
mépris.
» Je commence à prendre un tel goût à la société
10 des gens dévots, qu'elle fait toute ma consolation. Je n'ai point encore assez rompu avec le monde pour qu'ils ayent confiance en moi. Mais, à mesure que je m'en détache, ils s'approchent un peu. Quelle douceur dans ce nouveau genre de vie, au
15 lieu du tumulte et ce bruit du monde imposteur!
» Je vais, ma chère cousine, me livrer à eux tout
entière. Je leur découvrirai l'état d'un cœur qui
prend toutes les impressions qu'on lui donne. Il
n'est point en moi d'éteindre toutes mes passions;
20 il ne s'agit que de les régler.
» Il y a une chose qui est le principe fondamental de la vie dévote : c'est la suppression totale des agréments étrangers. Car, quoiqu'entre nous ils soyent toujours beaucoup plus innocents dans le
25 temps qu'on les quitte, que lorsqu'on commence à s'en servir, cependant ils marquent toujours une certaine envie de plaire au monde, que la dévotion déteste. Elle veut que l'on paroisse devant lui avec toutes les injures du temps, pour lui faire voir à
3o quel point on le méprise. Pour nous, ma chère cousine, il me semble que nous pouvons encore
nous montrer telles que nous sommes. Je vous l'ai dit cent fois, que vous étiez charmante, lorsque vous paroissiez le plus négligé, et qu'il y avoit en vous beaucoup d'art à n'en mettre point.
» Puisse cette lettre vous toucher le cœur et vous 5 inspirer des résolutions que je n'ai prises qu'après les avoir longtemps combattues. — Adieu. »
La dévotion qui, dans certaines âmes, est une marque de force, dans d'autres en est une de 10 foiblesse. Elle n'est jamais indifférente : car, si, d'un côté, elle orne les gens vertueux, elle achève la dégradation de ceux qui ne le sont pas.
A Paris, le 25 de la lune de Rébiab, 1 7 1 7.
123* (1619. II, f° 471). — Usbeck à Zélis. — Vous demandez devant le juge votre séparation. Quel exemple donnez -vous à votre iille! Quel sujet d'entretien pour tout le sérail! Vous m insultez bien moins en faisant voir le peu d'amour que vous avez pour moi, que le peu de respect que vous avez pour vous-même.
Croyez-vous que la vertu coûte moins à vos compagnes qu'à vous? que leur vie soit moins laborieuse? Non, sans doute. Mais les combats soufferts sont inconnus; les douleurs d'une victoire trop contestée sont secrètes; et la vertu, lors même qu'elle tyrannise, paroît en elles sous un maintien modeste et un visage tranquille.
Je crois bien que vous souffrez toutes les rigueurs de la continence. Je compte sur la vigilance de mes
DIALOGUE DE XANTIPPE 6l
eunuques. Ils respectoient votre âge; ils vous croyoient maîtresse de vos passions. Mais, à présent qu'ils en connoissent l'empire, il ne faut pas douter qu'ils ne redoublent leurs soins pour vous soutenir. 5 Ils vous traiteront comme si vous étiez encore dans les périls de la jeunesse, et recommenceront à vous plier à une éducation dont vous vous êtes si fort écartée.
Défaites-vous donc de vos idées, et sachez qu'il
ne vous reste plus que mon amour et le repentir :
io car je ne suis point homme à souffrir qu'une femme
que j'aime passe dans les bras d'un autre, quand je
devrois être regardé comme le plus barbare de tous
les hommes — Je n'en dis pas davantage : vous
connoissez mon cœur, et vous m'entendez.
De ***, le ier de la lune de Zilhagé, 1718.