I . Mis dans les Romains
consiste dans son crédit et dans son commerce, se servir de ces deux avantages pour envoyer combattre contré nous autant d'hommes qu'elle en pouvoit achcfter. Tranquille au dedans, sans pourtant une
5 seule place qui pût la défendre, elle réalîsoit contre ilous des richesses de fiction et devenoit spectatrice tranquille de ses mercenaires, qu'elle perdoit sans regret et réparoit sans peine; tandis que, par un esprit de vertige, nous attendions les coups pour
10 les recevoir, et mettions sur pied de grandes armées pour voir prendre nos places, et décourager nos garnisons, et languir dans une guerre défensive^ dont nous ne sommes point capables. II falloit aller à cette nation, tenter sans cesse de passer la mer,
i3 et arroser de son sang et du nôtre sa terre natale. ' Lui faire la guerre, c'étoit la vaincre ; la mettre en péril, c'étoit pour nous la conquérir. Nous lui faisions perdre ce crédit qui nous étoit si fatal, et jetions des soupçons sur celui d'une autre puissance
20 maritime. Nous l'aurions contrainte de rappeler son Ânnibal, avec sa vieille armée, ou de faire la paix, ou de s'arrêter devant nous.
La seule grande entreprise que nous fîmes au dehors nous fut fatale. Nous allâmes réveiller la
23 jalousie, la crainte et la haine d'une nation qui n'étoit qu'un instrument de cette guerre, qui, lente et presque immobile d'elle-même, recevant (sic) tout son mouvement d'ailleurs. G'étoit comme Antée, qui retrouvoit sans cesse les forces qu'il avoit perdues.
3o 4624 (726. 1, p. 487). — La constance de la Grande-
Alliance contre la France est presque une chose inouie dans Thistoire, et, cependant, elle n'eut pas réellement l'effet qu'elle sembloit devoir attendre de tant de succès ; qui étoit d'abaisser la France.
4625*(2o39. III, f» 335 v*»). — Lorsque le feu Rois voulut obliger Philippe V de chasser la princesse des Ursins, ayant longtemps tenté et jamais réussi, il chargea M. de Berwick d'en parler. Il y avoit dans la lettre : < Dites-lui qu'il me doit cela, non seulement parce qu'il est mon petit-fils, mais aussi parce que lo je lui ai mis la couronne sur la tête. Dites -lui tout! Mais ne lui dites pas que je l'abandonnerai : car il ne le croiroit jamais. >
1626(38o. I, f® 36o). — Je veux faire une liste et voir combien de fois les François ont été chassés d'Italie, i3 combien de fois ils en ont été chassés par leur indiscrétion avec les femmes. J'ai supputé, dans mon extrait de Pufendorf, qu'ils en ont été chassés neuf fois; presque toujours par leur indiscrétion, sans compter, après la bataille de Turin, leur retraite 20 vers la France, qui ne vint que de leur impatience.
Je veux voir aussi combien de fois les Papes ont excommunié les Empereurs, et combien ils ont fait de fois révolter l'Italie et l'Allemagne.
1627 (i388. II, f^ 200 V®). — Le seul homme que 25 Saint-Cernin connût admirable, c'étoit le maréchal de Villars. Ce n'est pas qu'il n'eût du mérite ; peutêtre plus que Saint-Cernin ne lui en connoissoit.
d628* (2144. III, f> 35 1 v°). — Je ne pardonnerai jamais au père Le Tellier: il est cause d^un nombre innombrable de nos sottises.
1629*(i958.III,f>257v<>). — Le moindre frère J
5 avoit l'habit du père Le Tellier, et il falloit compter avec lui. Barsac (?) ne disoit-il pas? «Nous sommes venus ici de notre chef. »
d630(8oo. I, p. 514). — Le duc d'Orléans ne craignoit que les ridicules pour lui. C'étoit le siècle
10 des bons mots : il se conduisoit par un bon mot, et on le gouvernoit par un bon mot. On détruisit la cabale du Parlement, en lui disant que Mad* de
Maisons espéroit le pas sur la princesse de
Le duc de Brancas détruisit M. de Canillac, grand
i5 parleur, en lui disant qu'un laquais étoit venu se louer à lui, ennuyé de M. de Canillac, qui lui faisoit passer les nuits à l'écouter. «Et de quoi l'entretient-il? — De ses querelles avec M. de Luynes et des conseils qu'il donne à M. d'Orléans. » Ainsi
20 on ne peut pas définir le caractère d'un homme pareil. Pourquoi fut- il subjugué par l'abbé Dubois? Ceux qui l'ont connu sont obligés de s'écrier : O altitudo I
4631 (Sp., P470 v<>). — M. d'Orléans, étant régent, 25 dit à Mad"* d'Orléans qu'il lui donnoit tous ses livres, excepté pourtant ceux de chimie.
Le caractère de M. d'Orléans ne tenoit en rien ni de son père, ni de sa mère.
Voyez dans Burnet le caractère de Charles 11^, très semblable à celui de M. d'Orléans.
4632 (1396. II, fo 202). — M. le duc d'Orléans. — Il n'avoit point de suite; il étoit indéfinissable; on ne peut le définir qu'en ne le définissant pas. 5
1633(1407. II, f>2o3). —Je disois de M. d'Orléans (Régent) qu'il avoit fait du bien, mais qu'il ne faisoit pas le bien.
1634(912. II, f i3). — Rien ne prouve la facilité qu'il y a de gouverner un grand État que M. d'Orléans, 10 malgré les défauts essentiels qu'il avoit pour une bonne administration.
Si M. le Duc n'avoit pas eu la sottise de se croire peu capable, il auroit gouverné tout comme un autre.
1635(2i32.III, p.35i). — La régence du duc d'Or- i5 léans étoit un beau spectacle.
1636* (1949. III, f» 256). — Le D. est un petit homme, sans mérite et naissance, qui a appris une espèce de jargon de finance, instruit par Chamil..., rebut de Démare..., échoppé à la Chambre de Jus- 20
tice, introduit chez , uniquement propre à
l'emploi où on le destine, qui est d'avilir une grande dignité. Il a vu avec plaisir les sceaux, de main en main, de reflux en reflux, descendre et tomber jusqu'à lui, et, comme si c'étoit le comble de sa fortune 23 que la dégradation du poste qu'il va remplir, il est
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charmé de la générosité de ceux qui, en le refusant, ont achevé de les (sic) mettre à sa portée.
4637 (2143. m, P» 35 1 yo). — On disoit que M. Law avoit eu beaucoup d'ennemis en France, c Oui, dis- 3 je, et des ennemis qu'il n'avoit jamais vus. On ne peut se raccommoder avec ceux-là.»
1638* (2042. m, fo 335 W^). — Je disoîs de M. le Duc qu'il cherchoit toujours la vérité et la manquoit toujours.
10 4639 (1964. III, f> 27 1). ^ Je disois : c On sait qu'il n'a tenu qu'à feu M. le Duc de faire épouser sa sœur au Roi. On voit, par les Mémoires de l'abbé de Montgon, qu'il avoit consenti que la branche d'Espagne succédât à la Couronne, au préjudice de
i5 la ligne d'Orléans et, par conséquent, [de] celle de Bourbon. Eh bien! il a su faire cela! Eh bien! il ne s'est pas donné la réputation d'homme magnanime, et, parce qu'il étoit un sot, il s'est donné la réputation d'être un marchand de bled. »
20 4640 (1167. II, f> 81). — Le maréchal de Villeroy parloit toujours à son pupille de ses sujets, et jamais de ses peuples.
4641 (2 1 1 3. III, f** 464 v°). — Je me souviens du Roi dans sa jeunesse : il n'avoit d'autre passion que de 25 crever cinq ou six chevaux par semaine, et on s'en plaignoit.
1642 (375. 1,p. 359). — Je disoîs: c Je ne croîs pas, comme Louis XIV, que la France soit TEurope, mais la première puissance de l'Europe. >
1643 (391. I, p. 364). — Cette grande puissance que Dieu a mise entre les mains du Roi» mon 3 maître, ne le rend pas plus redoutable à ses voisins. C'est un gage du Ciel pour la paix et la liberté de l'Europe. Et, comme les moindres princes mettent le courage à étendre leur pouvoir, les grands le mettent à modérer le leur. 10
1644* (933. II, f» 16 v^). — Cette grande puissance que Dieu a mise entre les mains du Roi, mon maître, ne le rend pas plus redoutable à ses voisins. C'est le gage de la paix de l'Europe. Plus fier du titre d'amt qu'il ne le seroit de celui de conquérant^ le Ciel, en iS le faisant naître a fait toute sa grandeur, et il n'y ajoute que des vertus. Il croit que les Roix ne sont pas nés seulement pour faire le bonheur de leurs sujets, mais qu'ils sont destinés encore à faire la félicité du Genre humain. Tels sont les sentiments 20 de la grande âme du...
1645 (914. II, f* i3). — Le cardinal de Fleury. — Il est parvenu à abattre le Jansénisme et à faire recevoir la Constitution « ; et cela, per alluvionem, en marchant lentement et ne faisant pas un pas qui aS n'allât à son but. L'allure contradictoire à elle-même