‹ Pensâees et fragments inâedits de MontesquieuChapitre 114 sur 263 · I. Mis dans les Loix · texte numérisé non relu

I. Mis dans les Loix

mais ne Timitoient pas dans son impétuosité et son mouvement dans les combats.

4693* (i5o6. II, f» 228). — J'aime bien que le nouveau roi de Prusse ait traité le sujet de l'antimachiavélisme, et il est beau que ces maximes, qui 5 ont fait, jusques ici, horreur aux sujets, fassent encore horreur aux princes. Un roi qui fait un pareil ouvrage fait une espèce de serment de bien régner. II est bien plus fort que ceux que l'usage établit, puisque ce serment est fait à lui-même. 10

4694(2024. III, f° 317). — Le roi de Prusse demandoit la raison pourquoi il n^aimoit pas les femmes. « Vous vous fâcherez si je vous la dis. — Non, dit-il. — Sire, c'est que vous n'aimez pas les hommes. » C'est une belle réponse, parce qu'elle est contradic- i3 toire à celle que Ton attend.

4695(2100. III, f« 348 v<>). — Le roi de Prusse écrivit à Gresset une lettre comme un poétereau l'écriroit. Les bonnes lettres des roix sont des lettres de change. 20

4696 (379. 1, p. 36o). — Les guerres des Pays-Bas n'alloient pas bien vite, parce que c'étoit (sic) les guerres des nations du Monde les plus lentes: les Espagnols et les Hollandois.

4697 (340. I, p. 339). — Cause de la Puissance de 25 la Hollande. — C'est le pays le plus bas de tous ces

côtés (?) ; de manière qu'un très grand nombre de fleuves s'y jettent : comme l'Escaut, qui reçoit la Lys et autres; la Meuse, qui reçoit la Sambre et autres; le Rhin, qui reçoit le Mein, la Moselle, la Lippe et 5 autres; et enfin l'Ems s'y jette, dont elle est la maîtresse par Embden. De plus, elle est la maîtresse de toute la navigation de ces fleuves et rivières, par le moyen des places qu'elle a eues par les traités, et celles qu'elle a fait démolir : Dunkerque est dé-

lo moli; sur la mer, Nieuport ne vaut rien, et elle (sic) gêne le commerce d'Ostende. Elle a garnison dans Menin, sur la Lys. Elle a l'Escaut par le moyen de Tournay, place de la Barrière, et de Dendermonde, où elle a la moitié de la garnison par le

i5 traité. Elle a ôté le port d'Anvers sur l'Escaut, et elle l'a gêné encore plus par les terres qu'elle s'est fait céder dans le Bas-Escaut, par le traité de la Barrière. Elle a garnison dans Namur, au confluent de la Sambre et la Meuse. Elle a fait raser sur la

ao Meuse les forteresses de Huy et Liège. Elle a Maestrich, Stevenvoort et Venlo. Le Rhin se partage chez elle, et elle a l'Ems par )e moyen d'Embden.

d698*(2oi7. III, f» 3i4). — Suisses. — La Suisse est indomptable, parce qu'il n'y a pas un homme en

25 Suisse qui ne soit armé et ne sache manier les armes; et il n'y a guère d'État à qui la politique permette d'armer tous ses citoyens. Ils (sicj pourroient faire revenir leurs troupes de dehors. On trouveroit peu de vivres dans le pays; le pays seroit difiicile par

3o lui-même.

4699* (aoi8. III, f> 3i4). — Danemark. — A la bataille que le général Stinbock gagna contre les troupes danoises, il n'y avoit presque [que] des paysans. Stinbock avoit quatre pièces de canon, si 3 bien servies qu'elles tiroient continuellement. On ne connoissoit pas encore cela dans ce temps-là, de manière que les Danois crurent que les Suédois avoient une terrible artillerie, les Suédois passèrent et attaquèrent les Danois là où ils ne les attendoient lo pas.

4700(198. Ij p. 194). — Dans mon extrait des OU' vrages des Sçavans, novembre 1690, page 1 14, vous verrez les horribles persécutions en Suède et découvrirez le génie de ces temps-là et du règne de Char- i5 lemagne.

1701* (140. I, p. 125). — Il seroit difficile' de trouver dans l'Histoire deux princes qui se soyent si fort ressemblés que le roi de Suède Charles XII et le dernier duc de Bourgogne: même courage, même 20 suffisance, même ambition^ même témérité^ mêmes succès, mêmes malheurs, mêmes desseins exécutés dans la fleur de l'âge et dans le temps que les autres

Page 1