‹ Pensâees et fragments inâedits de MontesquieuChapitre 120 sur 263 · I. PRÉCEPTES · texte numérisé non relu

I. PRÉCEPTES

1714 (6. I, p. 4). — Nos auteurs moraux sont presque tous outrés : ils parlent à l'entendement pur, et non pas à cette âme à qui l'union a donné des 5 modifications nouvelles par le moyen des sens et de l'imagination.

1715 (2160. III, f^ 353 V®). — Les règles ne sont faites que pour conduire les sots par la main. Les mères ont mille règles pour conduire leurs petites filles. Elles diminuent leurs règles à mesure qu'elles (sic) grandissent, et, enfin, elles les réduisent à 3 une seule.

1716* (40. I, p. 44). — Ceux qui, par les vertus et les connoissances qu'ils acquièrent, perfectionnent leur âme ressemblent à ces hommes de là Fable qui perd oient tout ce qu'ils avoient de mortel en se 10 nourrissant d'ambroisie. Mais ceux qui ne fondent l'excellence de leur être que sur les qualités extérieures sont comme ces Titans qui croyoient être des Dieux parce qu'ils avoient de grands corps.

1717 (i2o5. II, f^ 92 v°). — Mr Locke said: c II faut ib perdre la moitié de son temps pour pouvoir employer l'autre. »

1718 (1098. II, f> 73). — J'ai cru qu'il falloit tâcher de régler sa conduite de manière que l'on fût dans son état et dans sa situation dans la prospérité : car 20 j'ai vu que la plupart des gens perdoient leur fortune par ambition et mangeoient leur bien par avarice.

1719(1214. II, f^94). — Je vois sans cesse des gens qui détruisent leur santé à force de faire des remèdes ; qui tombent dans le mépris à force de chercher des 35 distinctions; qui perdent leur bien à force d'avarice; qui détruisent leur fortune à force d'ambition.

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