‹ Pensâees et fragments inâedits de MontesquieuChapitre 121 sur 263 · PRÉCEPTES · texte numérisé non relu

PRÉCEPTES

1720 (141 1. II, f^2o3 v<»). — f Le bon ton (disois-je) c'est ce qui se rapporte dans le discours et dans les manières à ce qu'on appelle n'avoir pas d'accent dans le langage. »

5 1721 (1412. II, f<> 2o3 v^). — Celui-là a un bon ton, de qui on ne peut pas dire ce qu'il est.

1722(461. I, p. 393). — Tout ce qu'on peut dire

d'un particulier qui fait quelque impolitesse, c'est

qu'il ne sait pas vivre; mais un juge qui manque

10 d'égards peut se rendre redoutable, peut faire

soupçonner sa droiture et son impartialité.

1723 (2214. m, 1*^464 v^). — De deux partis, celui de ceux qui ne suivent pas le torrent est ordinairement le meilleur.

i5 1724* (63. 1, f» 63). — La pudeur sied bien à tout le monde; mais il faut savoir la vaincre et jamais la perdre. — Tout homme doit être poli ; mais aussi il doit être libre.

1725 (1020. II, t^ 39). — Il faut se corriger pre- 20 mièrement des vices de son pays et ne pas ressembler à ce Thrace d'Ovide :

Flagrai vitio geniisque suoque.

Sans cela, on se montre dans l'espèce commune de ses compatriotes; par conséquent, dans l'espèce a3 commune des hommes.

4726 (i3oo. II, f» i37 v«). — Je disoîs à Mad« du Châtelet : € Vous vous empêchez de dormir pour apprendre la philosophie; il faudroit, au contraire, étudier la philosophie pour apprendre à dormir. >

4727 (457. 1, p. 392). — Il faut plaindre les gens 5 malheureux, même ceux qui ont mérité de l'être, quand ce ne seroit que parce qu'ils ont mérité de l'être.

Les malheurs sont de nouvelles chaînes pour les cœurs bien faits. 10

4728 (462. I, p. 394). — Je crois qu'il faut avoir du zèle pour le salut des autres; mais il n'en faut pas moins avoir pour le sien propre. Or, il est plus certain que les meurtres, les assassinats, les gênes(?) et les persécutions nous sont défendus, qu'il n'est i3 certain qu'ils nous sont permis pour la conversion des autres et pour la gloire de la Religion (laquelle n'a pas besoin de gloire).

1729 (838. 1, p. 538). — Être vrai partout, même sur sa patrie. Tout citoyen est obligé de mourir ao pour sa patrie; personne n'est obligé de mentir pour elle.

4730(910. II, f* i3). — On a bien tort de ne point dire la vérité quand on peut : car on ne la dit pas toujours lorsqu'on le veut, et qu'on la cherche. 25

4734 (i585. II, f0 455). — Mad« du DefFand dit fort

PRÉGBPTBS 3oi

bien: € On peut être menteur; mais il ne faut jamais être faux. >

1732 (1430. II, f* 206). — Un homme qui tient sa parole devient aussi semblable aux Dieux qu'il est 5 possible.

4733(i683-III,f>33vo). — Je mettrai toujours au nombre de mes commandements, de ne parler jamais de soi en vain.

1734(900. II, f* II). — Maxime admirable : de ne 10 plus parler des choses après qu'elles sont faites.

1735 (iio3. II, f=> 73 V®). — Il ne faut jamais répondre : si le public ne répond pas pour vous, la réponse ne vaut rien.

1736(228. 1, p. 246). — Il faut bien prendre garde 1 5 d'inspirer aux hommes trop de mépris de la mort : par là, ils échapperoient au Législateur.

1737 (472. I, p. 400). — Je dis contre les écrivains de lettres anonymes > (comme le père Tournemine, qui écrivit au cardinal de Fleury contre 20 moi, lorsque l'on me nomma à l'Académie françoise) : c Les Tartares sont obligés de mettre leurs noms sur leurs flèches, afin qu'on sache de qui vient le coup. >

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