‹ Pensâees et fragments inâedits de MontesquieuChapitre 135 sur 263 · VL DIVERSES ESPÈCES DE GOUVERNEMENTS · texte numérisé non relu

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1788 (942. II, f** 19). — Plusieurs gens ont examiné i5 qui vaut mieux de la monarchie, de l'aristocratie ou de l'état populaire. Mais, comme il y a une infinité de sortes de monarchies, d'aristocraties, d'états populaires, la question ainsi exposée est si vague qu'il faut avoir bien peu de logique pour la traiter. 20

1789* (160. I, p. i36). — Le gouvernement des nobles, lorsque la noblesse est héréditaire, et non pas le prix de la vertu, est aussi vicieux que le monarchique. Le gouvernement républicain où les fonds publics sont détournés en faveur des parti- 25

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culiers est encore vicieux comme la monarchie : car l'économie est l'avantage du gouvernement républicain ^ Les états de France divisés en trois corps, et 5 assemblés en trois chambres, on mettoit de la jalousie entre eux. Ce que le Clergé vouloit, le Peuple ou les Nobles ne le vouloient pas. Il auroit fallu que les Nobles et le Clergé ne fissent qu'une chambre.

lo 1790* (792. 1, p. 5 II). — Dans une nation qui est dans la servitude, on travaille plus à conserver qu'à acquérir; dans une nation libre, on travaille plus à acquérir qu'à conserver.

1791 (1342. II, f^ igS). — Dans les monarchies, les i3 choses qui sont en commun sont regardées comme les choses d'autrui, et, dans les républiques, elles sont regardées comme les choses de chacun.

1792* (769. I, p. 5o2). — Il est étonnant que les

peuples chérissent si fort le gouvernement répu-

20 blicain, et que si peu de nations en jouissent; que

les hommes haïssent si fort la violence, et que tant

de nations soyent gouvernées par la violence.

1793 (83i. I, p. 534). — La raison pourquoi la plupart des gouvernements de la Terre sont despotia3 ques, c'est que cela se fait tout seul. Mais, pour des

I. J'ai mis dans mes Romains ce qui concerne, dans cette remarque, le gouvernement républicain.

gouvernements modérés, il faut combiner, tempérer les puissances ; savoir ce qu'on donne à l'un, ce qui reste à l'autre; enfin, il faut un système, c'est-à-dire une convention de plusieurs et une discussion d'intérêts. Le gouvernement despotique est uni- 5 forme partout : il saute aux yeux ■ .

4794(892. II, f® 10). — On ne doit pas être étonné de voir que presque tous les peuples de l'Univers soyent si éloignés de la liberté qu'ils aiment. Le gouvernement despotique saute, pour ainsi dire, aux 10 yeux et s'établit presque tout seul. Comme il ne faut que des passions pour le former, tout le monde est bon pour cela. Mais pour faire un gouvernement modéré, il faut combiner les puissances, les tempérer, les faire agir et les régler; donner, pour i5 ainsi dire, un lest à Tune, pour la mettre en état de résister à une autre. C'est un chef-d'œuvre de législation que le hasard fait bien rarement, et qu'on ne laisse guère faire à la prudence 3.

4795(918. II, f* 14 v°). — Tout gouvernement mo- 20 déré, c'est-à-dire où une puissance est limitée par une autre puissance, a besoin de beaucoup de sagesse pour qu'on puisse l'établir, et de beaucoup de sagesse pour qu'on puisse le conserver.

Dans de certains troubles et confusions où chaque 25 citoyen est chef de parti, comment peut- on asseoir un gouvernement, à moins que ce ne soit celui qui

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