‹ Pensâees et fragments inâedits de MontesquieuChapitre 136 sur 263 · Voyez page 17, et la page 534 du volume précédent · texte numérisé non relu

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s'établit, pour ainsi dire^ de lui-même : qui est le tyrannique; ou celui qui n'est que la privation du gouvernement : qui est l'anarchique ?

Lorsque le peuple d'Angleterre eut renversé sa

5 constitution, passant de gouvernement en gouvernement et les sentant tous plus durs, libre en apparence, esclave en effet, il fallut^ par désespoir, qu'il rétablit un monarque; il fallut, par la nature de la chose, en venir à ce que les sectes fussent

lo contenues par le gouvernement, et non pas le gouvernement contenu par les sectes.

4796* (982. II, f> 28). — États modérés renversés

dans les soulèvements du peuple, lorsque le peuple

ne réussit pas, et aussi quand il réussit : témoin le

i3 dévouement de l'Angleterre, lors du rétablissement

de Charles IV.

4797 (1574. II, fo 454 v«). — La liberté, ce bien qui fait jouir des autres biens.

20 4798 (943. II, f^ 19 v«). — La liberté pure est plutôt un état philosophique qu'un état civil. Ce qui n'empêche pas qu'il n'y ait de très bons et de très mauvais gouvernements, et même qu'une constitution ne soit plus imparfaite à mesure qu'elle s'éloigne plus de

25 cette idée philosophique de liberté que nous avons. Un ancien a comparé les loix à ces toiles d'arai-

gnées qui, n'ayant que la force d'arrêter les mouches, sont rompues par les oiseaux. Pour moi, je comparerois les bonnes loix à ces grands filets dans lesquels les poissons sont pris, mais se croyent libres, et les mauvaises à ces filets dans lesquels ils sont 5 si serrés que d'abord ils se sentent pris'.

1799 (1420. II, f 204 V®). — Quand on veut gouverner les hommes, il ne faut pas les chasser devant soi; il faut les faire suivre.

1800(597. 1,f°446v°). — Dans une monarchie bien 10 réglée, les sujets sont comme des poissons dans un grand filet: ils se croyent libres, et pourtant ils sont pris.

1801* (828. 1, p. 533). — Les hommes qui jouissent du gouvernement dont j'ai parlé sont comme les i3 poissons qui nagent dans la mer sans contrainte. Ceux qui vivent dans une monarchie ou aristocratie sage et modérée semblent être dans de grands filets, dans lesquels ils sont pris, mais se croyent libres. Mais ceux qui vivent dans les États purement despo- 20 tiques sont dans des filets si serrés que d'abord ils se sentent pris.

1802(32. 1, p. 35). — Le seul avantage qu'un peuple libre ait sur un autre, c'est la sécurité où chacun est que le caprice d'un seul ne lui ôtera point ses biens 23

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