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au but. Mad* Dacier ne savoit ce qu'elle admiroit. Elle admiroit Homère, parce qu'il avoit écrit en grec. M. de La Motte manquoit de sentiment, et son esprit s'étoit rétréci par le commerce de gens qui n'avoient que de la bavarderie, et eux ni lui 3 n'avoient aucun savoir ni aucune connoissance de l'Antiquité. Pour l'abbé Terrasson, les cinq sens lui manquoient. Boivin étoit un savant seulement. Pour le poète Gacon, on ne l'a jamais connu trop méprisable. lo
84Ô (895. II, f* 10 v«). — M. Pope seul a senti la grandeur d'Homère, et c'est de quoi il étoit question. Il est vrai que M. de La Motte a été entraîné dans les détails par Mad^ Dacier même, qui les trouvoit tous dans Homère tout divins. k3
850 (703. 1, p. 478). — Je dis : c Les livres anciens sont pour les auteurs; les nouveaux, pour les lecteurs. »
851 (261. 1, p. 260). — Auteurs Grecs. — Ils avoient moins d'esprit que les auteurs romains. Plutarque, 20 presque le seul. Aussi avoit-il profité des Latins. Les Grecs ne connoissoient point l'épigramme, ni les Latins, jusqu'à Martial : les épigrammes grecques n'étant guère que des inscriptions, et on n'y connoissoit point Vacute dictutn. Il me semble que les 23 Grecs étoient hardis pour le style et timides pour la pensée. — M. dit qu'il est étonné que les Anglois admirent tant les Anciens, puisqu'il n'y a personne
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qui les imite si peu, et qui s*en écarte davantage. — Je disois à un Anglois qui me montroit quelque chose d'assez tendre : c Comment avez vous autres pu dire de si jolies choses dans une langue si
5 barbare?» — Du temps de François I", c'étoit les savants qui faisoient la réputation des auteurs; aujourd'hui, ce sont les femmes. Ronsard est la preuve de ceci. On ne peut plus le lire, quoique personne n'ait eu plus de réputation. Et ce qui
10 le perd personnellement, c'est que des auteurs plixs anciens que lui sont encore admirés.
852 (393. I, p. 364). — Peut-être qu'il y a de bons poètes françois, mais que la poésie françoise est mauvaise .
i5 853(717. I, p. 482). — Les livres des anciens casuistes se faisoient parce que les tribunaux d'Espagne et d'Italie (pays chauds, où l'on aime les goûts raffinés) étoient pleins de ces cas-là, et on n'avoit point de connoissance de la physique.
20 II falloit donc donner dans la scolastique (sic), et cette science devoit être l'occupation des gens d'esprit. — Fontenelle.
854 (1097. II, f> 72). — Ces sermons de Maillard, de Menot, de Rolin, de Barlette, étoient faits pour 23 être prêches aussi sérieusement que les nôtres d'à présent, quoique nous y trouvions un comique partout, et des applications scandaleuses de l'Écriture, et un burlesque qui y est partout répandu.
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Ces gens-là préchoient ce qu'ils savoient, et ils apprenoient ce qu'on leur avoit appris. Dans ces temps-là^ on ne lisoit point l'Écriture; on ne lisoit que des histoires faites sur l'Écriture ou des légendes des Saints. On ne connoissoit l'Écriture que par 5 les comédies que l'on faisoit jouer sur les histoires de l'Écriture ou des mystères. On y joignoit les livres fondés sur les révélations, les légendes et autres histoires qui étoient entre les mains de tout le peuple. La plupart de ces livres ont péri lors du lo renouvellement des sciences, et peu ont mérité de voir le jour lors de la découverte de l'impression. Les Protestants qui parurent furent cause que tous ces livres périrent, excepté les plus extravagants, qu'ils ont conservés comme une flétrissure de la 1 3 religion ancienne, et les catholiques les négligèrent ou les cachèrent dès qu'une plus grande lumière parut. Il faut donc nous transporter dans ces temps où tout ce qui peut servir à l'instruction du peuple étoit d'une autre nature que tous les ouvrages qui 20 sont à présent entre ses mains. Cela devoit faire un nouveau genre de prédication.
\ 855 (855. I, p. 548). — Anglais. — Génies singuliers : ils n'imiteront pas même les Anciens, qu'ils aqmirent, et leurs pièces de théâtre ressembleront ^3 moins à des productions régulières de la Nature, qv'à ces jeux dans lesquels elle a suivi des hasards heureux.
856 (Sp., f* 434 v<>). — Livres bien écrits en
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anglois i le D'"(?) Bangor, Tillotson, Praats, Histoire de la Société royale,
857(1071. II, ("66). — On ne saurott croire jusques où a été, dans ce dernier siècle, la décadence de 3 l'admiration.
8û8(8o5. I, p. 5[5). — Quel siècle que le nôtre, où il y a tant de juges (critiques), et si peu de lecteurs!
859 (980. II, f" 28 v'^'). — Dans ce siècle-ci, plus de 10 grec, plus de vers, plus de sermons.
860(1062. II,f>64). — On me demandoït pourquoi on n'avoit plus de goût pour les ouvrages de Corneille, Racine, etc. Je répondis : < C'est que toutes les choses pour lesquelles il faut de l'esprit sont
i3 devenues ridicules. Le mal est plus général. On ne peut plus souffrir aucune des choses qui ont un objet déterminé : les gens de guerre ne peuvent souffrir la guerre; les gens de cabinet, le cabinet; ainsi des autres choses. On ne connoit que les
10 objets généraux, et, dans ta pratique, cela se réduit à rien. C'est le commerce des femmes qui nous a menés là : car c'est leur caractère de n'être attachées à rien de fixe, II n'y a plus qu'un sexe, et nous sommes tous femmes par l'esprit, et, si,
'.5 une nuit, nous changions de visage, on ne s'apercevroit pas que, du reste, il y eût de changement. Quoique les femmes eussent à passer dans tous
les emplois que la Société donne 'i et que les hommes fussent privés de tous ceux que la Société peut ôter, aucun sexe ne seroit embarrassé. »
80r (225o. III, f« 478 v<>). — TraiU du Beau. — Vitruve dit que les affaires publiques et particulières 3 occupent si fort le monde, à Rome, qu'il y a peu de personnes qui ayent le loisir de lire un livre, s'il n'est bien court. Je pourrois dire que, dans notre capitale, chacun est si fort occupé par la multitude des amusements, qu'on n'y a pas le temps de lire. 10
802(684. 1, p. 471). — Souvent un goût particulier est une preuve d'un goût général: les Muses sont sœurs, se touchent l'une et l'autre, et vivent en compagnie.
863 (Sp., f* 433). —J'ai lu une pièce dramatique traduite du chinois, par le père Plumare. Elle m'a paru contre nos mœurs, mais non pas contre la raison. Elle est intitulée VOrphelin de Tchao. Thao étoit un mandarin de robe, et Tou-Nang-Cou, un 20 mandarin d'épée, tous deux favoris ou ministres du roi (je crois) de Tsin. Tou-Nang-Cou tendit divers pièges à Thao et le fit mourir, lui et toute sa famille, à la réserve de cet orphelin, qui lui échappa,