‹ Pensâees et fragments inâedits de MontesquieuChapitre 15 sur 263 · Voyez la page · texte numérisé non relu

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et qui le punit. Cumme ces pièces ne sont pas, comme les nôtres, jouées devant le public, et que ce sont des comédiens qui vont jouer dans des maisons particulières, il arrive (comme le remarque le père b Plumare) qu'il y a plus de rôles que d'acteurs : un seul acteur faisant plusieurs rôles. Voilà la raison pourquoi chaque acteur ne manque jamais, en entrant chaque fois sur le théâtre, de dire son nom et sa profession : f Je suis Tou-Nang-Cou, général

lo des armées du roi de Tsin... > Je trouve cette pièce intéressante, l'intrigue bien amenée, bien suivie. Elle donne une idée des mœurs du pays, et il me semble que le vrai moyen de donner cette idée seroit de traduire le théâtre chinois, ou, au moins,

I s leurs principales pièces.

ti64 (424. I, p. 38i). — Comme le Tasse a imité

Virgile, Virgile, Homère, Homère a pu avoir imité

quelque autre. Il est vrai que l'Antiquité se tait à

cet égard. Quelques-uns ont pourtant dit qu'il

10 n'avoit fait que ramasser les fables de son temps.

^ 865' (2179. III, f 364). — Homère. — Les Amadis décrivent des combats comme Homère; mais ils les décrivent avec une unitormité qui fait de la peine et donne du dégoût. Homère est si varié que rien ne 2b se ressemble. Les combats des Amadis sont longs; ceux d'Homère, rapides. Il ne s'arrête jamais, et il court d'événemenis en événements, pendant que les Amadis s'appesantissent. Ses comparaisons sont riantes et admirables. Tout est froid dans les Ama-

dis; tout est chaud dans Homère. Dans le poète grec, tous les événements naissent du sujet; dans les Amadis, tout naît de l'esprit de l'écrivain, et toute autre aventure auroit convenu comme celle qu'ils imaginent. On ne voit pas pourquoi la plupart 5 des choses se sont passées ainsi. C'est que, dans Homère, le merveilleux est dans le tout ensemble ; dans les Amadis, il n'est que dans les détails.

VIliade et VOdyssée : dans l'une, la variété des mouvements; dans l'autre, la variété des récits. lo

Virgile, plus beau lorsqu'il imite VOdyssée dans ses premiers livres, que lorsque, dans les derniers, il imite V Iliade : il manquoit du beau feu d'Homère.

Sans VIliade et VOdyssée, il y a apparence que nous n'aurions pas V Enéide. i5

On a reproché à Homère que ses roix faisoient la cuisine; ce qui fait (dit-on) une impression de dégoût. Je réponds qu'il n'est pas étonnant que cela fût ainsi dans les temps héroïques. Outre que les mœurs y étoient simples, c'est que les roix et les 20 chefs de famille faisoient eux-mêmes les sacrifices. Ils tuoient la victime; ils brûloient une partie de la graisse; et, comme on devoit en manger, il étoit tout simple qu'ils la partageassent en morceaux, etc.

Ainsi l'idée de la cuisine, dans les temps héroï- 25 ques, est liée avec les idées les plus nobles des autres temps, qui (sic) celle de sacrifice. Voyez au II* livre de VIliade. Agamemnon oflFrit au puissant fils de Saturne un bœuf de cinq années, et les chefs les plus considérables de l'armée furent présents à ce 3o sacrifice, et Nestor, roi des Pyliens, Idoménée, etc.

AUTEURS ANCIENS Sy

On amène la victime, et, après que l'on eût présenté les gâteaux, Âgamemnon fit cette prière, etc. Cependant, on présente la victime, et ils l'égorgent devant l'autel; ils la coupent; ils la mettent au feu,

b et, ayant préparé le festin, qu'ils en dévoient faire, ils mangèrent ensemble, etc.

'Je remarque : que Tamour de la Patrie, tant exprimé dans VOdysséCy devoit plus frapper les peuples grecs à cause de leur bonheur et de leur liberté;

lo que la plupart des récits de VOdyssée étoient les bruits populaires, rapportés par les voyageurs dans ces temps-là, où la navigation étoit si difficile; que les palais faits d'une manière surnaturelle, comme celui de Circé et autres, rapportés par

i5 Homère, sont moins merveilleux que ceux de nos romans, à proportion des idées du luxe des uns et des autres.

866* (1681. III, f> 32 v<>). — J'ai lu une traduction de VOdyssée d'Homère par M. de La Valterie; je ne

20 l'ai point comparée à celle de Mad" Dacier; il me semble que cette traduction est faite avec plus de feu, et j'avoue qu'en la lisant j'ai senti un charme infini, et tel que je ne me souviens pas que la traduction de Mad® Dacier m'ait fait sentir le même.

25 Mais je les comparerai. On m'a dit que la traduction de M. de La Valterie n'étoit pas exacte. On ne dit rien par là contre Homère : car, si, en ôtant la gêne littérale et en donnant à Homère du génie et de l'expression françoise, on l'a rendu plus agréable,

3o on l'a rendu plus semblable à lui-même, puisque

personne n'a jamais dit qu'Homère n'ait employé, dans son poème, tous les agréments de la langue grecque, lesquels ne sauroient être transportés dans une autre langue. Reste donc que le fond du poème est admirable. On auroit beau mettre de 5 pareils agréments dans un mauvais poème, le poème sera toujours mauvais.

867 (546. I, f> 434). — Qu'Aristote ait été précepteur d'Alexandre, ou que Platon ait été à la cour de Syracuse, cela n'est rien pour leur gloire. *Quoique lo autrefois cela eût peut-être plus contribué à leur réputation que leur philosophie* < . La réputation de leur philosophie a absorbé tout. Qui est (?) et qui connoît Rubens par ses négociations ?

868 (607. I, f* 449). — Plutarque me charme tou- i5 jours : il a des circonstances attachées aux personnes qui font toujours plaisir. Quand, dans la Vie de BrutuSy il décrit les accidents qui arrivèrent aux conjurateurs (sic), leurs sujets de frayeur sur le point de l'exécution, on a pitié des pauvres conjurés. 20 Ensuite, on a pitié de César.

On tremble, d'abord, pour les conjurés; ensuite, on tremble pour César.

869 (698. I, p. 477). — Deux cheis-d'œuvrc : la mort de César dans Plutarque, et celle de Néron 25 dans Suétone. Dans l'une, on commence par avoir

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