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I. J'ai mis cela dans la République romaine

T. II. 4a

33o MONTESQUIEU

tiques, les loix ne sont que la volonté momentanée du Prince.

1822* (809. 1, p. 517). — Dans les états despotiques, la tranquillité n'est point une paix : elle ressemble au silence de ces villes que l'ennemi est prêt d'occuper. 3

4823* (885. II, P 7 v<>). — Gouvernements despote ques. — Ce n'est qu'à force de philosophie qu'un homme sensé peut les soutenir, et qu'à force de préjugés qu'un peuple peut les supporter. Ces sortes de gouvernements sont destructifs d'eux-mêmes. 10 Chaque jour les mène dans la décadence, et là il n'y a presque point de milieu entre l'enfance et la vieillesse. Il seroit plus difficile à l'Empereur de dépouiller de ses états le duc de Parme, qu'il ne l'a été à Mir-Weîss, avec 10 ou 12,000 voleurs, de i5 détruire le formidable Empire de Perse. La capitale a été assiégée; les seuls bourgeois l'ont défendue, et, de toute cette puissance, l'héritier présomptif n'a pu amener que 2 ou 3, 000 hommes à son secours.

1824* (i563. II, f^ 45i v^). — Dans le gouverne- 20 ment despotique, le commerce est fondé sur la nécessité momentanée de ce que la nature demande pour se nourrir et pour se vêtir.

1825 (466. I, p. 395). — Nations qui vivent dans l'esclavage, où les hommes sont comme les bêtes, 25 dont le partage est seulement l'obéissance et l'instinct.

1826* (i 571. II, f» 454). — C'est la nature de la constitution de TÉtat qui fait qu'à chaque pas nous avons besoin d'un homme pour nous conduire. Le bon sens du père de famille ne lui est bon à rien. 3 On nous l'ôte pour la conduite de notre conscience ; on nous l'ôte pour celle de notre santé; on nous l'ôte, enfin, pour la conduite de nos a£faires.

1827* (1455. II, f^ 214). — J'ai entendu dire une bonne chose à l'ambassadeur turc, le 18 février 1742.

10 Je lui disois (chez Locmaria, où nous dînions), que je trouvois contraire aux maximes d'un bon gouvernement que le Grand -Seigneur fît étrangler ses bâchas à sa fantaisie. < Il les fait étrangler, dit -il, sans en dire la raison, pour ne pas révéler ou faire

i3 connaître les défauts de son serviteur.! Que ditesvous des hommes qui dorent même la statue de la Tyrannie ?

1828 (454. I, p. 392). — Tous les hommes sont des 20 bêtes; les princes sont des bêtes qui ne sont pas attachées. — Cher (?).

1829(521. I, p. 422). — Il faut que les princes voyagent très jeunes, pour qu'ils soyent dociles, et nous, dans un âge très mûr, pour être plus en état 25 d'être instruits.

Les particuliers, tout le contraire.

4830(590. I, f^ 446). — La plupart des princes, à tout prendre, sont plus honnêtes gens que nous. Peut-être que, dans la partie qui nous est confiée, nous abusons du pouvoir plus qu'eux. Il n'y en a guère qui ne veuillent être aimés; mais ils ne peu- 5 vent pas aisément y réussir.

4831 (944. II, f* 20). — Il y en a peu où ceux qui gouvernent n'ayent en général de bonnes intentions et ne souhaitent que leur administration ne soit bonne : car, comme ils sont en spectacle à tout l'Uni- 10 vers, pour peu qu'ils ayent de sentiment d'honneur, etc.

Aux uns, les lumières peuvent manquer; aux autres, l'éducation ou l'aptitude au travail. Plusieurs sont conduits par les préjugés de leur pays, de leur i5 siècle ou de leur état même. Les autres sont entraînés par le mal qui a déjà été fait, ou découragés par la difficulté d'y remédier: car il est difficile de ne pas se tromper lorsqu'on veut corriger des maux particuliers, et qu'on n'est pas assez heureusement 20 né pour pouvoir pénétrer d'un coup de génie toute la constitution d'un État.

1832(1467. II, f* 216). — Les princes sont toujours en prison. Clément XI disoit : c Quand j'étois homme privé, je connoissois tout le monde à Rome, et le iS mérite de chacun. A présent que je suis pape, je ne connois plus personne. »

4833 (445. I, p. 389). — Pourquoi est-ce que la

plupart des roix sont dévots > ? C'est ordinairement par un malentendu. La dévotion leur permet la politique, et la politique, tous les vices : l'avarice, l'orgueil, la soif du bien d'autrui, l'ambition, la ven-

5 geance. Que leur en coûte -t- il d'être dévots? Us seroient bien fous de se brouiller avec le Ciel pour rien, de renoncer vainement au plaisir d'espérer. De plus, ils sont graves dans la plupart de leurs actions. Or, se tenir dans une église avec gravité,

10 c'est être dévot*.

4834* (1453. II, f* 2i3 V®). — Le monarque despotique doit être religieux, sévère, juste. Si, avec cela, il est courageux, ce sera un héros : Cha-Abbas, Mahomet IP, Chambi, Aureng-Zeb.

i5 4835(2146. III, f» 352). — Il n'y a pas de métier ordinairement plus facile que celui de roi, et quelquefois plus difficile.

4836(ii32.II,f»78). — Sur les écrits que milord

Townshend et M. Walpole faisoient faire aux

20 Crafstman, et aux écrits de milord Bolingbroke, je

disois : < Les Roix sont forts quand ils décident, et

toujours foibles quand ils disputent. »

4837 (1634. III, f* i). — Il y a trois sortes de princes :

les uns ne se soucient que d'eux et n'envisagent leur

25 état que pour eux, sans penser à leurs peuples; les

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