POPULATION
nuls fussent célébrés de nouveau. Donner des privilèges à ceux qui auroient un nombre d'enfants; de certains honneurs aux mêmes. Fixer les rangs incertains par le nombre des enfants. Un préciput dans
3 toutes les successions à celui qui a le plus d'enfants.
Une place de magistrat dans chaque hôtel-de-ville à
celui qui a le plus d'enfants. Faire payer à ceux qui
vivent dans le célibat pour douze enfants.
Prévenir le cours de la maladie vénérienne en
10 faisant faire une espèce de quarantaine et de visite à ceux qui viennent des Indes.
Dans les pays où il y a des esclaves, il faudroit qu'ils pussent espérer la liberté par le nombre de leurs enfants.
i5 II faudroit bien se donner de garde de donner,
comme les Romains, le privilège des trois enfants à
ceux qui ne les avoient pas, à moins qu'ils ne les
eussent perdus à la guerre.
Le nombre des gens vivant dans le célibat mul-
20 tiplie à proportion le nombre des filles de joye, et, comme les moines sont compensés par les religieuses, les gens de célibat le sont par les filles de joye.
Règle générale : il n'y a que les mariages qui
a 5 peuplent.
Les femelles des animaux ont à peu près une fécondité constante, de façon qu'on peut à peu près juger ce qu'une femelle fera de petits dans toute sa vie. Mais, dans l'Espèce humaine, les passions,
3o les fantaisies, les caprices, l'embarras de la grossesse, celui d'une famille trop nombreuse, la crainte de
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perdre ses charmes, troublent la multiplication de l'espèce.
Ainsi, on ne sauroit trop travailler à faire prendre un tour d'esprit du côté de la fécondité.
Si les peuples naissants multiplient beaucoup, ce 3 n'est pas, comme a dit un auteur, parce qu'ils ne s'entrempêchent pas, comme ils font dans la suite, où ils se nuisent comme les arbres : car cette raison laisse tout l'embarras; mais c'est que l'avantage du célibat et du petit nombre d'enfants dans le mariage, lo dont on jouit dans une nation qui est dans l'état de sa grandeur, est une très grande incommodité chez une nation naissante.
1970* (178. 1, p. i63). — Plus un pays est peuplé, plus il est en état de fournir du bled aux étrangers. '3
4971 (Sp., f* 414 v^). — Je remarque que, dans les pays où il y a du riz, il y a beaucoup de peuple, parce que très peu de terre fournit à la subsistance d'un homme. Les pâturages font qu'il faut beaucoup de terre à proportion de la nourriture qu'on en ^o retire pour les hommes. C'est ce qui fait que le Japon (d'ailleurs, en plusieurs endroits stérile) est si peuplé.
4972 (Sp., f** 416). — Il me paroît que ce qui rend
le Japon si peuplé, c'est que le pays où le riz vient "'' fournit beaucoup à la subsistance. D'ailleurs, cette ^3 quantité d'îles fait qu'il y a beaucoup de pêche : car il y a beaucoup de rivage. De plus, il n'y a pas de guerres.
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