XXVI. POPULATION
1967 (1534. II, f* 239). — La vie des patriarches 10 étoit bien longue. Mais cette longueur de la vie
paroît être contre l'ordre de la nature, parce que plus les hommes vivent longtemps, moins faudroit-il qu'il en naquît, afin qu'il n'y eût pas trop d'habitants sur la Terre. Mais, plus les hommes vivent de temps, i5 plus l'Espèce humaine se multiplie-t-elle ?
1968 (325. 1, p. 335). — Imprécation des Romains: Ultimus suorum moriaturl Terrible peine que de n'avoir point d'enfants, qui fussent vos héritiers, qui pussent vous donner les honneurs de la sépul-
20 ture. C'étoît une manière de penser bien favorable à la propagation de l'espèce !
1969* (180. 1, p. i63). — Les Romains avoîent des loix rigoureuses contre ceux qui restoient dans le
I. Voyez page 3o2, à la fin; ibidem^ page 332; idem, page 249, 25 1. Voyez page 258«
célibat. Tous les anciens peuples avoient de l'horreur pour la stérilité. Il seroit facile d'empêcher le célibat chez les séculiers, en établissant les loix romaines.
 Bordeaux, en 1622, de soixante écoliers des Jésuites, il y en eut trente qui entrèrent dans les 3 couvents.
Comme tous les grands changements sont dangereux dans un État, il ne faut pas détruire le monachisme, mais le borner. Il n'y auroit pour cela qu'à rétablir la loi de Majorien et la nouvelle (sic) de 10 Léon. Je ne sais si Louis XIV ne fît pas une loi pour empêcher que l'on ne fît ses vœux avant vingt-cinq ans. Innocent X détruisit tous les petits couvents de son État : il en renversa quinze cents, et il avoit résolu de porter tous les princes chrétiens à faire la i3 même chose. Il faudroit encourager les pères et les mères à élever leurs enfants. Il faudroit détruire les petits collèges et favoriser ceux des grandes villes. Comme il est important que les gens d'un certain état soyent élevés aux lettres, il est pernicieux de ao tourner le peuple de ce côté-là. Il faudroit unir les petits bénéfices; ce qui diminueroit le nombre des bénéficiers.
L'éducation paternelle préviendroit bien des vices. Elle feroit encore qu'on auroit plus d'attention à 25 marier les filles et à s'en débarrasser. Défendre de tenir des domestiques âgés de plus de vingt-cinq ans non mariés. Empêcher les Parlements de casser aussi facilement les mariages : la jurisprudence étant telle que la plupart ne subsistent que parce qu'ils ne 3o sont pas attaqués; il faudroit donc que ceux qui sont