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I. Mis dans les Loix

Ce qui est bien plus considérable si Ton fait attention à ce qu'en produisent ou peuvent produire nos colonies, qui pourroient cultiver toutes les drogues qui nous sont portées de la plupart des pays

3 du Monde. La Cayenne est environ au 5® degré de latitude septentrionale; Saint-Domingue, au ib"^; nos autres îles, entre les deux; l'île de Bourbon, environ au 23^ degré de latitude méridionale. On ne peut douter que, dans des climats si conformes à

lo ceux des Indes Orientales, on n'en pût tirer la plupart des drogues qui y viennent, comme on l'a expérimenté déjà dans le café. Une grande partie du Mississipi est dans le climat d'une très grande partie de la Chine. Le Canada [a] une partie du climat du Nord de

i3 l'Europe. Notre France septentrionale et méridionale produit des drogues différentes selon son climat. Te ne doute pas que, dans des pays si différents, on ne pût tenter la culture de la plupart des drogues et plantes du Monde, et il est souvent arrivé que des

20 semences ou plantes apportées d'ailleurs ont mieux réussi que dans les pays d'où elles venoient. On pourroit donc aisément multiplier les marchandises de notre commerce, faire des essais et des expériences sur des terres pareilles, avec une bonne connois-

25 sance des climats et de la nature des terres où de certaines plantes se cultivent.

1982 (342. I, p. 341). — Si les choses continuent,

les nations commerceront presque entre elles seules.

Chaque nation qui a des établissements en Amérique

3o y commerce seule. On tâche de faire venir dans ces

établissements ce qu'on tire des pays étrangers. Ainsi les Ânglois veulent tirer de leurs colonies de l'Amérique septentrionale ce qui sert à leur marine. Nous voulons tirer du Mississipi les soyes; le café de la Cayenne, et même de l'île de Bourbon. 3 Nous avons mis ou trouvé la casse dans les Iles Antilles. Et effectivement, ayant des terres dans presque tous les climats, il y a peu de productions que nous ne puissions faire venin

1983(527. I, p. 424). — Comme, en Angleterre, le 10 revenu des fonds de terre dépend de la quantité de moutons dont le fermier peut débiter les laines, ils voyent par le haut prix qu'on leur donne de leur ferme, la prospérité de leur commerce.

1984* (1639. III, f> 2). — Tout, en Europe, est plein i5 de changements. Les étoffes de laine, en Angleterre, n'étant plus d'un si grand usage et ne se consommant guère plus, principalement, que dans le Levant et dans l'Orient, on a augmenté la culture des terres en Angleterre, et on a cultivé de mauvaises terres 20 qu'on ne cultivoit pas, de sorte qu'on compte à présent en Angleterre qu'il sort par 200,000 livres sterling de bled plus qu'il n'en sortoit autrefois. On cultive moins en Sicile, en Sardaigne, en Barbarie, en Pologne; de sorte que la Hollande, la France, 35 l'Italie même, par Livourne, l'Espagne même, ont besoin du bled d'Angleterre.

On a trouvé depuis douze ans, en Angleterre, qu'on tiroit pour environ 100,000 livres sterling d'argent

des mines de plomb, que Ton sépare par le mercure, et l'on a trouvé que Ton pouvoit conserver le plomb après l'opération. Il n'y a qu'un déchet (qu'un dixième), et le plomb même, après l'opération, en est

^ plus malléable. Lorsqu'un tonneau de plomb, qui

est (je crois) 200 milliers pesant, donne 5 onces

d'argent (chaque once fait 5 shelling), il y a quelque

profit. Mais on en tire quelquefois jusqu'à 14 onces.

Milord Bath m'a dit ceci.

10 II m'a dit encore que, du temps de Cromwell, les revenus des postes en Angleterre ne montoient qu'à 3o,ooo livres sterling par an ; qu'après la restauration Charles II les donna au duc d'York, son frère, pour son apanage ; que, depuis, on les donna à ferme ; que

>^ les fermiers ôtèrent les abus et les firent mieux valoir. On les mit, ensuite, en régie, et, à présent, l'État en tire i5o,ooo livres sterling par an. D'où il faut conclure que la meilleure manière est de commencer par la ferme, parce que les fermiers, gens

^^ intéressés, commencent par ôter les abus et portent l'impôt à sa valeur; après quoi, il faut aller à la régie.

(Ceci doit être mis dans VEsprit des Loixy au chapitre de la régie.)

»5 1985* (249. 1, p. 258). — L'Électorat de Saxe est un très petit État. Cependant, soit par le commerce, soit par les mines d'argent, il donne des revenus très considérables. Il étoit l'entrepôt de tous les États voisins. Mais on a tellement chargé de droits les

3o marchandises que l'on passe beaucoup moins par la

Saxe. C'est une chose étonnante que ce que le roi de Suède en tira dans un an : cela montoit à plus de loo millions, monnoye de France. Ses mines produisent toujours de l'argent, qui reste dans le pays.

1986(270. 1, p. 282). — Je suis fermement persuadé 5 que l'Empereur pourroit faire par Trieste le commerce des Indes Orientales à beaucoup moins de frais que les autres nations d'Europe. Il faudroit qu'il eût du Turc, par échange, achat ou autrement, Ercokko(?) ou Quaquen, qu'il a conquis sur les Abys- 10 sins, ou quelque autre place sur la Mer Rouge, qui fût le centre de son commerce entre l'Orient et l'Occident. Sinon Suez suffiroit, parce que l'Empereur, par ses forces en Occident, est en état de se faire respecter en Orient et d'obtenir les meilleures capitulations i3 qu'aucun prince de l'Europe; et même le traité de Passarowitz lui donne assez d'avantages. Il faudroit seulement stipuler une diminution ou extinction de droits pour les marchandises qui ne se consommeroient point en Turquie et passeroient debout, pour 20 aller à Trieste, Naples, Sicile, Italie.

Il faudroit que l'Empereur tâchât de faire un traité de commerce avec l'empereur des Abyssins, et s'ouvrit, pour ainsi dire, une entrée dans ce grand empire, dont les autres nations ne font le commerce 25 que d^une manière indirecte : car il est difficile de faire de grands profits dans le commerce fait concurremment avec les Anglois et les Hollandois.

Ce qui a fait que la route du cap de Bonne- Espérance a paru plus avantageuse, c'est que, pour 3o

lors, une seule nation, qui étoit la vénitienne, faisoit ce commerce. Ce qui faisoit qu'elle vendoit au prix qu'elle vouloit, qu'elle n^achetoit pas de la première main, qu'elle souffroit mille avanies des Turcs, beau- 5 coup plus barbares et beaucoup moins timides qu'aujourd'hui.

Ce ne peut être la commodité et facilité du transport qui a ruiné le commerce des Indes par TÉgypte, et la difficulté de l'isthme de Suez. Ce trajet est si

10 court qu'il n'a pas pu faire une si prodigieuse différence; d'autant plus qu'on transporte encore par Bassorah des marchandises des Indes à Alep, ce qui fait une distance prodigieuse par terre. Les Iles des Épiceries, les tributs que les Portugais exigeoient des

p princes de Tlnde, les conditions arbitraires qu'ils mettoient dans le commerce avec les Indiens, l'exclusion presque universelle qu'ils leur donnoient de la navigation, les droits qu'ils levoient lorsqu'ils naviguoient, les immenses profits du commerce du

20 Japon, les épiceries qui leur tenoient lieu d'argent pour les achats qu'ils faisoient aux Indes, qui leur coûtoient peu, qu'ils leur vendoient au prix qu'ils vouloient, firent absolument tomber le commerce des Indes par l'Egypte. Et, comme les HoUandois ont

2b succédé aux maximes et à la puissance des Portugais, c'est encore ce qui leur donne et leur donnera la supériorité dans le commerce sur les autres nations, soit qu'elles fassent ce commerce par la voye de l'Egypte ou celle du cap de Bonne-Espérance.

3o Comme les HoUandois sont obligés d'entretenir grand nombre de forteresses, beaucoup de forces de

terre et de mer, leur commerce aux Indes n'est pas à beaucoup près si lucratif qu'il pourroit être ; d'autant mieux que, pour ruiner le commerce des autres nations, ils font souvent des pertes volontaires, qui font que eux ni les autres ne tirent pas de leur com- 5 merce tout l'avantage qu'ils en pourroient tirer. Avec tout cela, les HoUandois font de très grands profits, et les autres nations en font de très grands aussi.

On croit pouvoir assurer que la dépense seroit beaucoup moindre par l'Egypte que par le cap de lo Bonne-Espérance, tant le tour de l'Afrique est long à faire, tant on est arrêté par les vents alizés, tant une longue navigation fait périr de matelots.

Enfin, le commerce à Trieste est bien autrement avantageux qu'à Ostende, par la facilité de distribuer i5 les retours en Italie et dans les Pays-Héréditaires.

On pourroit aisément porter les marchandises des pays autrichiens à Alexandrie ou même Trieste.

Peut-être faudroit-il avoir un entrepôt au-delà du détroit de Bab-el-Mandeb, afin de déposer les mar- 20 chandises, lorsque ce détroit est difficile à passer.

Dans l'entrepôt qui seroit choisi deçà ou delà le détroit, il y auroit des petits vaisseaux toujours occupés d'aller de la Mer Rouge aux Indes et revenir des Indes à la Mer Rouge, comme aussi pour aller du 25 lieu de l'entrepôt à Suez et de Suez au lieu de l'entrepôt.

(Je ne dis pas que ceci fût impossible pour quelque autre puissance; mais cela Test pour l'Empereur, à qui Trieste est absolument inutile. Il n'y a ni hommes 3o ni marchandises à Trieste, ni dans tous ces pays-là,

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et il faudroit faire un trajet immense par terre pour mener les marchandises et en rapporter d'autres.)

1987*(r556. II, f> 449 v*»). — Je voyois la liste des marchandises que les négociants européens portent 5 tous les ans à Smyme. Je voyois avec plaisir que ces bonnes gens prenoient 400 balles de papiers pour plier du sucre, et ne prenoient que 3o balles de papier pour écrire.

1988 (345. 1, p. 342). — C'est un terrible article 10 contre l'Italie et l'Espagne que celui des pêches hollandoises, françoises, angloises! — Ces nations seroient intéressées à changer leur manière d'abstinence.

1989(244. 1, p. 257). — Un ministre grand, qui i3 voudra rétablir l'Espagne ruinée par les moines, doit augmenter leurs honneurs et diminuer peu à peu leur nombre et leur autorité.

1990(169. I, p. 139). — Je suis persuadé que la défense que font les Espagnols aux étrangers de 20 faire le commerce des Indes est très préjudiciable à leur puissance'.

S'ils pouvoient le faire eux-mêmes, et si les étrangers ne le faisoient pas sous leur nom, leur politique seroit bonne; mais cette défense est dérisoire.

I. Cette idée pourroit être bonne. Cependant je doute, et peut-être qu'il vaut mieux pour l'Espagne laisser les choses comme elles sont.

D*ailleurs, les mêmes étrangers font ce commerce par leurs interlopes, ce qui détruit le commerce de Cadix ; sans compter que le commerce en fraude est toujours ruineux à la nation contre qui il est fait, parce qu'il ruine ses douanes. De manière que la 5 nation souffrante paye les marchandises très cher et ne tire aucun avantage de ses douanes.

Le commerce libre feroit que toutes les nations de l'Europe se nuiroient, les unes, les autres. L'abondance des denrées qu'elles enverroient les tiendroit lo à bon marché, c'est-à-dire augmenteroit le prix de l'or, et de l'argent, et des autres marchandises du pays.

Le roi d'Espagne auroit son quint franc et des sommes immenses en douanes sur les autres denrées i^ du pays.

Les dépenses qu'il fait contre les flibustiers cesseroient, et ce seroit aux autres nations d'Europe à les faire en tout ou en partie.

L'Espagne seule ne seroit pas chargée de peupler 20 tous ces vastes continents.

Le Roi mettroit, à sa fantaisie, des droits sur les marchandises d'Europe et d'Amérique, et, plus il y auroit d'habitants, plus les droits seroient grands.

On pourroit bien s'assurer contre les trahisons et 25 les entreprises des étrangers, et même leurs comptoirs seroient garants des avanies qu'ils pourroient faire.

Le roi d'Espagne pourroit affermer à des compagnies particulières ses douanes, et toutes les 3e nations de l'Europe deviendroient ses tributaires.

COMMBRCB DBS ÉTATS D'EUROPB 4l5

Il seroit facile d'empêcher que les religions étrangères ne corrompissent la pureté de la religion dominante.

Les Espagnols sont si bien établis depuis la longue ^ possession où ils sont, que quelques marchands étrangers ou naturalisés ne sont pas à craindre.

En un mot, lorsqu'une nation seule ne peut pas faire un commerce, il faut qu'elle souffre que les autres le fassent à son plus grand avantage. 10 Ce qui fit faire d'abord cette défense, c'est que les Espagnols craignoient d'être troublés dans leurs conquêtes. Ainsi ils défendirent sous peine de la vie aux étrangers d'y voyager.

1991 (170. 1, p. 143). — ^Remarquez que la bonne i3 foi des Espagnols a ruiné leur commerce et l'a transporté aux étrangers qui le font, sans aucune crainte, sous le nom d'un Espagnol*.

1992 (262. 1, p. 272). — Horrible faute de l'Espagne et du Portugal, qui, sous prétexte d'une guerre

30 vaine avec les Turcs, se privent du commerce des Échelles du Levant, qu'ils pourroient faire avec bien plus de facilité que les autres nations, puisqu'ils ont les matières d'argent dont on ne peut se passer pour ce commerce, et que les Hollandois et autres nations

23 vont chercher d'eux ou des Génois: aucun vaisseau hollandois, par exemple, n'allant au Levant qu'il ne s'arrête à Cadix ou à Livourne, pour prendre des piastres, que les Génois leur fournissent. D'ailleurs, les draps que les Anglois apportent au Levant sont

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presque tous de pure laine d'Espagne, et le reste de leur négoce, à la réserve de leurs pêches et peu d'autres marchandises, s'y fait presque tout en pièces de tricot (?). Ils y pourroient porter de la cochenille, du bois de brésil, de l'indigo, surtout à ^ Smyme, du vermillon en Egypte'.

4993(264. 1, p. 274). — Commerce du Levant pour V Espagne. — On en tireroit : des cires qui viennent de Barbarie, de Smyme, de Constantinople, d'Alexandrie, de Satalie, et on mettroit un droit 10 fort sur toutes les marchandises du Levant qui viendroient en Espagne sur des vaisseaux étrangers ; des blés qu'on tire des côtes voisines de Smyme et même de quelques îles de l'Archipel ; en cas qu'on établit des manufactures, des poils de chèvre d'An- i3 gouri (sic), de la première main, et des cotons d'AIep et autres échelles.

D'ailleurs, on tireroit directement toutes sortes de toiles de coton d'AIep, et d'Alexandrette des camelots admirables, et, enfin, une partie de cette infinité 20 de marchandises qui viennent du Caire et d'Alexandrie en Europe. Rien n'a fait plus de tort à l'Espagne que cette interdiction de commerce mutuelle (sic) entre ses États et ceux du Grand-Seigneur, parce qu'elle a diminué d'autant sa navigation, pour en 25 transporter la puissance aux nations hérétiques d'Europe : ce qui a éloigné d'autant le royaume de Dieu et affoibli d'autant la puissance des Catholiques.

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