AUTEURS DU XVIII® SIÈCLE
(M. Rollin) a, par ses ouvrages d'histoire, enchanté le public. C'est que le cœur y parle au cœur; c'est l'ami des hommes qui parle aux hommes. On sent une secrète satisfaction d'entendre parler la Vertu. 5 II y auroit plaisir d'être repris par un homme qui cherche que tous les hommes soyent meilleurs. C'est l'abeille de la France...
938* (i5o8. II, f> 228 v^). — Le cardinal de Polù gnac. — Nous lui devons cet ouvrage immortel dans 10 lequel Descartes triomphe une seconde fois d'Épicure.
939(950. II, f® 21). — On parloit de la pièce de Marivaux, la Mère confidente, où les mœurs sont admirables. Je dis : < Le peuple est honnête dans i5 ses goûts, quoiqu'il ne le soit pas dans ses mœurs. Nous nous réjouissons de trouver des honnêtes gens, parce que nous voudrions qu'on le fût à notre égard. »
940(Sp., f> 441 v^). — J'ai lu, ce 6 avril 1734, Ma- 20 non Lescaut, roman composé par le père Prévost. Je ne suis pas étonné que ce roman, dont le héros est un fripon, et l'héroïne, une catin qui est menée à la Salpé trière, plaise; parce que toutes les mau« vaises actions du héros, le chevalier des Grieux, 35 ont pour motif l'amour, qui est toujours un motif noble, quoique la conduite soit basse. Manon aime aussi; ce qui lui fait pardonner le reste de son caractère.
941 (i 137. II, f^ 78 v«>). — VEssai de Raymond sur la poésie : ce sont deux ou trois idées qui ont passé par un esprit stérile.
942 (979. II, f* 27 V®). — Astruc. — Il n'a jamais rien dit; il a toujours répété. 3
943(1243. II, f^ 102 v°).-- Je parlois d'Astruc et de sa folie de vouloir toujours apprendre les choses qu'il ne sait pas, à ceux qui les savent.
944(1647. III, f* 7 V**). — Je disois d'Astruc et de Daube : < Daube ne pense qu'à ce qu'il dit, et point 10 du tout à ce que vous dites. Astruc ne pense qu'à ce que vous dites, et jamais à ce qu'il dit. J'aime mieux Daube : il ne vous offense pas, mais vous ennuyé ; Astruc vous ennuyé et vous offense. > J'ajoute : Daube cherche le vrai; Astruc, le faux. iS
945(i23i. II, f* 100). — « M. Goste (disois-je, en riant) croit avoir fait Montagne (sic), et il rougit quand on le loue devant lui. »
946*(i44i. II, f**2ii). — J'ai un honnête homme de mes amis qui a fait de belles notes sur Mon- ao tagne (sic). Je suis sûr qu'il croit avoir fait les Essais. Lorsque je le loue devant lui, il prend un air modeste, et me fait une petite révérence, et rougit un peu.
947* (821. I, p. 528). — •Je disois de l'abbé de S. : aS
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c Un homme sans esprit et sans discernement, qui, par bonheur pour les gens de lettres, n'a point de lettres, et qui déshonoreroit les savants, s'il étoit savant; flétri sans cesse par cette justice qui n'a 3 d'autorité que sur les criminels les plus vils; un homme dont la connoissance est partout désavouée*.
948* (1954. III, f* 257). — Je disois des Journaux
de Trévoux que, si on les lisoit, ils seroient le plus
dangereux ouvrage qu'il y eût, dans son (sic) projet
10 de se rendre maîtres de la littérature : Ut haberent
instrumenta servitutis et ephemerides.
949* (2021. III, f> 3i5 v<>). — Le docteur Warburton traite milord Bolingbroke d'une manière très sévère. Milord avoit crié bien haut sur ce que M. Pope
i3 avoit fait imprimer, par avarice, le manuscrit du Roi patriote, qu'il lui avoit confié. «Je suppose, dit le docteur, que M. Pope, par avarice, eût fait cette action. Deviez -vous, pour cela, chercher à déshonorer votre ami? Ne deviez -vous pas le cacher?
20 Comment voulez -vous que la postérité croye les belles choses qu'il a dites de vous ?
950* (2022. III, fo 3i6). — Sur le livre de M. Warburton, où il y a beaucoup de belles choses et beaucoup d'autres mal fondées et imaginaires, je dis : 35 < Il est bien possible qu'un grand génie dise de très belles choses, mêlées avec d'autres qui ne valent rien; mais il n'est pas possible qu'un sot dise des choses qui ne valent rien, mêlées avec de très belles choses. »