‹ Pensâees et fragments inâedits de MontesquieuChapitre 38 sur 263 · I. Mis dans V Histoire véritable · texte numérisé non relu

I. Mis dans V Histoire véritable

trop : c'est qu'il n^y a pas beaucoup de différence entre s'estimer beaucoup soi-même et mépriser beaucoup les autres.

1047 (gSi. II, f® 21). — La vanité de la plupart des gens est aussi bien fondée que celle que je pren- 3 drois sur une aventure arrivée aujourd'hui chez le cardinal de Polignac, où je dînois. Il a pris la main à l'aîné de la Maison de Lorraine, le duc d'Elbeufj et, après dîner, quand le prince n'y a plus été, il me l'a donnée. Il me la donne à moi; c'est un acte 10 de mépris. Il l'a prise au prince; c'est un acte d'estime. C'est pour cela que les princes sont si familiers avec leurs domestiques. Ils croyent que c'est faveur; c'est mépris.

1048 (iioi. II, f* 7*3 v°). — J'aime à voir un homme i5 de qualité modeste devenir vain et orgueilleux parce qu'il a épousé la fille d'un faquin qui est en crédit. Il s'enorgueillit de ce qui devroit l'humilier. J'en ai vu de ceux-là : Ofœx hominum e sanguine Deorum. (Rosmadec, qui avoit épousé la nièce du Garde-des- 20 Sceaux.)

1049(952. II, f® 21 v°). — Je voyois un sot qui étoit revenu d'une ambassade et ne parloit plus que par monosyllabe. Si cet homme savoit combien il perd à faire le comte d'Avaux, et combien il ga- 25 gneroit auprès de nous à être simple!

1050 (io53. II, f" 61 V**). — Je voyois un sot revenu

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