CUPIDITÉ ET LIBÉRALITÉ II
1127(2237. III, f 466).— Je dirai de l'argent ce qu'on disoit de Caligula, qu'il n'y avoit jamais eu un si bon esclave et un si méchant maître.
1128(808. I, p. 517). — Jedîsois: «Il faut regarder 5 son bien comme un esclave; mais il ne faut pas perdre son esclave.»
1129(2238. III, f> 466 V*»). — L'argent est très estimable lorsqu'on le méprise.
1130(2084. III, f* 345 v**). — Les richesses sont un 10 tort que l'on a à réparer, et l'on pourroit dire: € Excusez-moi si je suis si riche. »
1131 (2232. III, f» 466). — Un M. Le Prêtre, qui a 5oo,ooo livres de rente, gagna un billet de 5o,ooo fr. à la Loterie. Je dis : c Je voudrois que ce coquin fût
i3 mort de plaisir.»
1132 (5 18. I, p. 420). — Un secrétaire du prince Louis de Bade ne prenoit point d'argent, mais il vendoit des rosses à tous ceux qui avoient besoin de lui.
20 H33(8oi. I, p. 5i5). — Les gens qui ne sont pas rangés dans leurs affaires disent: «Je serois à mon aise si j'avois 10,000 livres de plus. » S'ils avoient ces 10,000 livres de plus, ils se dérangeroient d'abord etdiroient: « Si j'avois ces 10,000 livres de plus!»
25 et in infinitiim.
Il8 MONTESQUIEU
4134 (2054. III, f^ 341 V**). — Je disois: c La médio-
crité est un garde-fou. >
4135*(i387. II, f> 199). — La médiocrité est une vertu de tous les états : car, comme elle n'est proprement qu'une économie sage et réglée de la condi* 5 tion présente, elle peut non seulement mettre des douceurs dans la vie des moindres particuliers, mais faire encore la félicité des Roix.
C'est ordinairement un malheur d'avoir plus de richesses qu'il ne convient à son état, parce qu'on 10 ne peut guère les dépenser sans insolence ou les garder sans avarice.
Un homme qui est dans la bassesse, et qui voudroit avoir de grands biens, ne pense pas qu^il n'en pourroit faire que fort peu d'usage, et que presque i3 toutes les choses que son argent pourroit lui procurer seroient à son égard comme étoit autrefois la pourpre, dont l'usage n'étoit permis qu'aux Roix.
Car, comme on veut qu'un homme de haute nais- ao sance conserve une noble fierté dans la disgrâce, on veut de même qu'un homme de néant conserve de la modestie dans sa fortune.
Sans cela, on est sûr de perdre le plus précieux de tous les biens, qui est la bienveillance du peuple, 23 et de tomber dans un grand malheur, qui est le fléau (sic) de ridicule dont il couvre ceux qui se sont offerts à ses mépris.
Si un nouveau riche va d'abord bâtir une maison superbe, il offensera les yeux de tous ceux qui la 3o